
mercredi 27 octobre 2010
Alice Cooper Eighteen Nov. 13, 1971
Sur scène, Alice Cooper était le roi du shock-rock qui décapitait des poupées, mais ses premiers albums studio sont des assauts tranchants et intelligents de rock originaire de Détroit. Dans "Love It To Death", le producteur Bob Ezrin se joint à lui pour les ruades tordues de Hallowed Be My Name et l'hymne adolescent I'm Eighteen.Une des toutes premières vidéos d'Alice Cooper:
Alice Cooper - School's out - 1972
Arrivant à Los Angeles depuis Tucson dans l'Arizona, les membres d'Alice Cooper ont rapidement acquis une réputation de provocateurs et signée chez Straight, le label de Franck Zappa. Deux célèbres albums de pandémonium psychédéliques après, ils ont déménagé à Détroit, où ils sont devenus amis des Stooges, un groupe essentiel pour leur évolution.Lorsque la Warner a acheté Straight, elle a poussé Alice Cooper à enregistrer un nouvel album. Deux disques de hard rock et quelques singles à succès plus tard, toujours avec Bob Ezrin, le groupe trouve son style, et renforce sa popularité à l'aide d'un spectacle des plus farfelus.
Les qualités du groupe ont été parfaitement reproduites sur vinyl avec School's Out, leur nouvel album, précédé de la sortie du tube du même nom. Ce single représente leur plus grosse vente à l'époque. Cette profusion graphique de riffs lancinants et de slogans est devenue l'hymne du punk de tout adolescent marginal du début des années 70. Le groupe - guidé par la voix d'enfer de Cooper (Vincent Furnier) et par l'incroyable sens de la pop du guitariste, Michael Bruce - a travaillé dur sur cet album à thème inspiré par West Side Story. Cette oeuvre imaginative traitant de la délinquance juvénile bénéficie de magnifiques arrangements de jazz pour big band (Gutter Cat vs. the Jet, Grand Finale, Blue Turk), d'une symphonie aux allures d'opéra (My Stars), d'un dérivé des Beatles (Alma Mater) et de fantastiques morceaux de rock (Luney Tune et Public Animal n°9). Récit épique adolescent à la production un peu trop poussée, ce vaudelville rock va inspirer des groupes comme Marylin Manson vingt ans plus tard. JG
mardi 26 octobre 2010
In A Gadda Da Vida - Iron Buttefly I
Groupe incontournable de la vague acid-rock, Iron Butterfly n’est pourtant que le groupe d’un seul album, voire même d’une seule chanson, le reste de leur courte discographie étant tombé dans l’obscurité depuis longtemps pour la majorité du public. Mais quelle chanson ! Et quel album, en fin de compte !
Des titres de très bonne facture, qui posent les bases du hard rock à travers leurs guitares rêches mais mélodiques. Mais en même temps, des paroles douces, un peu naïves, et des harmonies vocales qui signent l’appartenance du groupe à la mouvance hippie. Nous sommes en 1968 et le Summer of love n’est pas si loin.
La voix de Doug Ingle sait pourtant se faire plus ample et grave à l’occasion (Termination), tandis que les accords se font plus durs voire même quelque peu sinistres (Are you happy ?), mais le propos général de l’album reste globalement positif. Tout au long de celui-ci, l’orgue s’en donnera d’ailleurs à cœur joie, passant d’un recueillement spirituel à une joyeuse débandade psychédélique. Hé oui, ça plane sec chez le Papillon de fer ! Avec ses morceaux gentillets et romantiques et sa forte teneur en THC, cet album, à l’instar de nombre de ses contemporains m’évoquera toujours un groupe de chevelus en chemises hawaïennes et bandanas, fonçant vers San Francisco en Cadillac Deville convertible, sincèrement persuadés que la méditation transcendantale et la prise d’acide en groupe allaient pouvoir arrêter la guerre du Vietnam.
Et puis, il y a le monument : la chanson-titre, hymne parfait pour une époque que, intéressé ou pas par les idées qu’elle véhiculait, on regarde toujours avec une certaine affection. In-a-gadda-da-vida, ses 17 minutes (dont plus de 7 de quasi-solo de batteries), son harmonium funèbre, son thème principal reconnaissable entre tous, sa voix lyrico-pâteuse larger than life, les mythes qui lui sont rattachés,... Bref, une pièce à la mégalomanie défoncée qui a laissé une empreinte durable sur le rock (au point que même un groupe comme Slayer ait fini par se fendre d’un hommage à Iron Butterfly en reprenant ce morceau). Sachez donc que le titre quelque peu ésotérique serait tout simplement la transcription en langage junkie de In the garden of Eden, mots que Doug Ingle ne serait jamais arrivé à prononcer correctement lorsqu’il composait, pétard aux lèvres, les quelques paroles égarées au milieu de ce véritable trip sonore. Autre légende urbaine : qu’un titre de cette longueur, effrayante pour l’époque, ait connu un tel succès radiophonique paraît invraisemblable. Mais les DJ et programmeurs rock de l’époque y trouvèrent, paraît-il, le moyen infaillible et inattaquable de prolonger leurs pauses clopes (clopes ?)... Tout le monde y gagna, en fin de compte.
Iron Butterfly est un groupe injustement méconnu par une large frange du public actuel. Et qu’on aime ou pas le rock planant des années 60, son statut de monstre classique mérite au moins qu’on lui accorde une écoute attentive de son œuvre la plus marquante, qui synthétise avec grand talent rock sous amphet, style hard embryonnaire et Flower power.
Marc Lenglet
Blue Cheer - Summertime Blues
"Baptisé en l'honneur d'un type de LSD qui tirait son nom d'une poudre détergente, ce trio incroyablement puissant de San Francisco a placé la barre très haut dans le domaine du rock noisy, avec son premier album. Il ouvre la voie à tout le monde, des Stooges à Zeppelin, du heavy metal au rock expérimental. Cetres, il y avait le battement sourd d'innombrables groupes garage dans les années 60, mais aucun d'entre eux ne possédait les basses, les hurlements, ni l'intensité pleine de feedback des Blue Cheer. Ce n'est pas pour rien qu'on les décrit comme "plus bruyants que Dieu".La première fois que Blue Cheer a essayé d'enregistrer Vincebus Eruptum, la table d'harmonie a explosé. Mais ayant pris les précautions nécessaires, ils enregistrent ce qui va être le meilleur album de leur carrière, et de loin. Il comprend quatre originaux et deux reprises, dont une version torride, salie et écorchée, de Summertime Blues d'Eddie Cochran (dépassant par certains cotés celle des Who, puissante et charnue) et Rock Me Baby, un classique du blues. L'album se place dans le Top 20 US, fait surprenant peut-être pour un groupe dont l'intention n'est que de dépasser les limites du volume, et qui n'est pas intéressé du tout par le jeu musical. Loin d'être les musiciens les plus au point, ils ont quelque chose d'admirable et envoûtant, de style punk dans leur rafales de solos visiblement improvisées, dans le volume poussé à fond et à peine contrôlé, ou encore dans les braillements exaltés de Dickie Peterson dans Parchment Farm.
C'est un album clés des premiers jours du heavy [au même tire que Cream à la même époque] : depuis la magnifique pochette violet et argent jusqu'à l'esprit général, fou et génial.
Tom Hughes, in Les 1001 Albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie, dir. Robert Dimery - Flammarion, 2006
"Le rock, c'est 10% de technique et 90% d'attitude. Si on joue une note avec la bonne attitude, ce sera plus efficace que soixante notes sans attitude du tout." Dickie Peterson, 2005
The Faces "Stay With Me"
Composé en grande partie des membres des Small Faces, groupe Mods de la fin des 60's, les Faces comptent tout de même Rod Stewart et Ron Wood (futur Rolling Stones), de l'ancien Jeff Beck Group (leur coupe de cheveux les trahit).Pour la petite histoire, les Faces sont au centre d'un jeu de chaises musicales pendant la seconde partie des 60's. Les Small Faces perdent Steve Marriott parti fonder Humble Pie avec Peter Frampton (nouveau guitar-hero). Quant au Jeff Beck Group, il perd Ron Wood et Rod Stewart qui intègrent les Faces nouvelle génération en remplacement de Marriott. On passe alors d'un groupe Mods, dans la mouvance des Kinks & co à un Hard Rock beaucoup plus puissant et saturé, typique de l'époque. Peu à peu, Stewart prend la place de leader, jusque là réservée à Ronnie Lane. Il finira par avoir la carrière solo qu'on lui connait fin 70/80.
Il faut donc retenir de cette époque un vrai échange entre musiciens et groupes, parfois rivaux, souvent copains. Les festivals (Bath, Wight, Monterey...) étaient l'occasion de vrai jams. Les rois des jams à rallonge à l'époque étaient d'ailleurs les Allmann Brothers, mais c'est une autre histoire.
Bad Company "Can't Get Enough" Live 1974
Premier groupe à être signé par Swan Song en 1974, label de Led Zep, Bad Company est un "super-groupe" comme la mode de l'époque avait l'habitude d'en créer, à savoir : Paul Rodgers (chanteur de Free - "All Right Now") et son batteur, du bassiste de King Crimson, et du guitariste de Mott The Hoople.On peut situer Bad Company dans un style de rock puissant, à l'image de Free, Humble Pie ou des Faces. Tous les musiciens de chaque groupe avaient coutume à l'époque de jouer les uns avec les autres, créant bien souvent des "side-projects", un peu à l'image des jazzmen.
lundi 25 octobre 2010
dimanche 24 octobre 2010
La genèse du Hard Rock : The Cream
Sunshine of your love, sur l'album Disraeli Gears, 1967
Pour les spécialistes, le groupe britannique Cream (1966-1968) fut à l'origine du Hard Rock, par ses compositions et ses shows sur les scènes américaines.




"Sans Cream, il n'y aurait eu ni led Zeppelin, ni blues-rock, ni hard rock", Dictionnaire du Rock de Michka Assayas
Crossroads , album Wheels of fire, 1968
Crossroads, 1968,(live)


