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mardi 27 décembre 2011

Punk et mouvement politique


Qu’est-ce que le punk ?

Tout d’abord, le mot punk est un mot d’origine anglaise, à sens péjoratif puisqu’il signifie « sans valeur ». S’il s’agit d’un genre de musique, ceci n’est qu’un des moyens d’exprimer l’idéologie punk elle-même, qui se caractérise par la révolte contre les valeurs établies. C’est en effet un mouvement contestataire émergeant au milieu des années 70 qui souhaite s’exprimer de manière assez brute, avec une énergie particulière. Le mouvement punk se veut réellement être synonyme de liberté. Mais le punk, c’est avant tout l’expression de cette culture particulière qu’est la culture punk, et c’est celle-ci qui va donner naissance aux mouvements politiques en rapport avec le punk.

La culture punk

Plus qu’un mouvement musical incarné par les Sex Pistols ou The Clash, le punk est révélateur d’une véritable culture, représentant un nihilisme souvent très affiché. Notamment, ce qui montre clairement les mouvements contestataires et la volonté de se démarquer des autres, en particulier de prendre du recul par rapport à la société de consommation, sont les crêtes iroquoises, apparues seulement au début des années 80, les piercings ou même les tatouages. Les vêtements vendus en masse sont alors entièrement réappropriés, de manière plutôt artistique. Certains sont devenus de véritables symboles : au-delà des coupes extrêmes et très colorées, on trouve aussi de simples épingles à nourrice comme bijoux.

Mais au-delà des tenues vestimentaires, le graphisme des pochettes de disques permettent de faire passer certains messages de lutte politique. L’un des exemples révélateurs de ce mouvement contestataire et très visible, se trouve sur la pochette de Bedtime for Democracy des Dead Kennedys.

Sans même écouter la musique, on voit clairement sur la pochette de ce disque la volonté de dénoncer la société actuelle. En représentant une Statue de la Liberté en larmes, prise d’assaut par toutes les catégories sociales, chacune vacant à ses occupations (boire une bière, récolter un peu plus d’argent encore, ou même faire la guerre) permet de donner la vision punk de la société. Au bas du coin gauche, on peut par exemple voir la balance, supportant tous les médias, encore très légers par rapport à l’argent qu’ils peuvent rapporter. L’hélicoptère de gauche porte une crois gammée, la fusée de la NASA se retrouve dans l’œil de la statue de la statue, dénonçant certainement l’inutilité des avancées technologiques. A droite, un hélicoptère, dont le sigle visible est le dollar, ainsi qu’une inscription « Lies INC », enfonce une énorme seringue dans le bras de la Statue de la Liberté, représentant très certainement les mensonges des médecins suite à la découverte des vaccins.

L’analyse complète de la pochette peut donner lieu à de multiples interprétations, mais on peut conclure, à la vue de cette pochette, que cela dénonce l’étouffement des libertés, symbolisées par la Statue elle-même, par la société entière, qui la dégrade, la mutile, et ceci est notamment visible par l’emprisonnement de toutes les classes plus pauvres dans la tiare ou dans l’épaule de la statue. Le mouvement punk révèle par ce genre de pochettes, tout ce qu’il souhaite dénoncer, et cela donne même lieu à de nombreux mouvements politiques.

Les tendances politiques Punk

Le premier mouvement et le plus important, est étroitement lié à l’idéologie punk. Il s’agit de l’anarchisme, aussi connu sous le nom de mouvement anarcho-punk. Certains punks pensent en effet que seule l’anarchie permettrait d’accomplir leur lutte et d’avoir une vie basée sur le respect mutuel et la liberté de tous. Ce mouvement se développe avec la dégénérescence de la philosophie punk. En effet, certains constatent que le mot Punk a lui-même subi une dégradation commerciale, alors qu’il luttait contre, et ils se réunissent donc autour de l’anarchie pour pouvoir lutter contre ce phénomène.

Néanmoins cette tendance politique n’est pas la seule à exister. On constate que certains punks ont une vision minimaliste de l’Etat. Cela se caractérise par la volonté de rendre l’Etat minimal. Ainsi, dans ce courant, on retrouve la notion de libertés individuelles et d’Etat, qui ne sont pas contradictoires.

On peut également observer un courant antiautoritaire, qui est persuadé que ce sont les différentes autorités, telles que la police, le clergé, le gouvernement ou les militaires, qui poussent les gens aux extrêmes.

Enfin, un mouvement dit politique mais qui n’avait lieu que pour choquer d’avantage ou remplir les salles de concerts : le nazi-punk. Il s’exprime par l’évocation d’une haine raciale identique à celle des nazis, notamment dans les textes des chansons. Pourtant, l’idéologie punk de base est plutôt proche de la gauche, ce qui rend cette idéologie incompatible avec le nazi-punk. Ainsi, ce mouvement n’était autre qu’une sorte de provocation par un moyen autre que le style vestimentaire ou les pochettes de disque.

Finalement, l’idée principale que l’on peut trouver derrière le punk est un anticonformisme notoire. La volonté des punks est de se démarquer des autres pour être d’autant plus visibles lorsqu’ils prônent les différentes libertés personnelles. Tout le mouvement punk est basé sur la volonté de choquer, et l’opposition à la société de consommation. Il ne faut cependant pas généraliser à l’ensemble des punks, puisque certains sont tout à fait conservateurs. En effet, Johnny Ramone des Ramones a soutenu publiquement George W. Bush.


mercredi 3 novembre 2010

GANG OF FOUR - Entertainment! (1978)

Les années punk

Gang of Four, groupe mythique anglais, est créé par quatre étudiants de l’université de Leeds fin des années 70. Ils profitent de la vague punk de 1977 pour monter leur quatuor et se faire entendre. Car leur musique est revendicative et assez politisée. Par exemple, le nom du groupe fait référence à une faction communiste chinoise réprimée après la mort de Mao Zedong et qui fut active notamment pendant le procès de la veuve de Mao au début des années 80.

Le groupe évolue dans le genre post punk et ne met pas longtemps pour sortir son premier album, Entertainment ! (1979). Le disque est un carton et demeure le meilleur opus de Gang of Four à ce jour. Preuve encore de leur côté rebelle, le titre le plus célèbre de l’album To Hell With Poverty est interdit sur toutes les radios d’Angleterre. Ce coup de pub leur est d’ailleurs bénéfique et la chanson devient l’hymne le plus connu de Gang of Four.

Les lauriers affluent pour Jon King (chant), Andy Gill (guitare), Dave Allen (basse) et Hugo Burnham (batterie). Il est vrai que les membres de Gang of Four innovent. Leur style est riche: une basse bien inspirée et très présente sur chaque titre donne une dimension musicale énorme qui influencera beaucoup d’autres formations. Mais il n’y a pas que ça. La guitare d’Andy Gill est puissante et propose des sons purs et rêches. Les rythmes sont abondants et souvent funk. Quant à leurs textes, ils sont réfléchis et truffés de messages radicaux.

Le GANG OF FOUR chinois originel arrêté en octobre 1976, lors de la nomination de Hua Guofeng à la présidence du parti communiste chinois. Ils représentaient la tendance radicale maoïste, et leur ascension politique était consécutive à la Révolution culturelle. Le procès fut diffusé à la télévision. L'acte d'accusation précisait qu'ils étaient accusés d'être directement responsables de la persécution de « 729 511 personnes » et de la mort de 34 800 d'entre elles pendant la Révolution culturelle. Leur procès (novembre 1980-janvier 1981) se termine par la condamnation à mort de Jiang Qing et de Zhang Chunqiao, peine commuée en détention perpétuelle en 1983.

...Le GANG OF FOUR version UK, poings levés

Les années 80

Le groupe fait son bout de chemin et sort son deuxième album, Solid Gold, en 1981. Malheureusement, Gang of Four ne connaît pas le même succès qu’avec Entertainment !. Le groupe enchaîne, ensuite, les concerts mais les individualités s’affirment: Dave Allen quitte Gang of Four pour former Shriekback. Il est remplacé par Sara Lee.

Le troisième album sort en 1982, et fait couler beaucoup d’encre, entre autres, avec le titre I Love A Man In Uniform qui fait scandale et est interdit sur les ondes radio anglaises. En cause, des textes traitant de la guerre des Malouines et qui sont jugés trop rebelles. Ensuite, deuxième changement de line-up: Hugo Burnham est viré du groupe. Gang of Four se cherche et fait appel à un producteur américain pour les albums Hard (1983) et At the Palace (1984). Mais le succès n’est plus au rendez-vous. C’est la fin de l’histoire…

Que retenir alors du court parcours de Gang of Four ? Des titres accrocheurs et forts, des textes engagés, de la musique innovante. Et puis, rien de moins qu’une influence dont à l’époque le groupe ne se doutait pas. En effet, des musiciens comme Kurt Cobain, Franz Ferdinand ou encore les membres des Red Hot Chili Peppers ont à de nombreuses reprises cité Gang of Four comme référence.

Mais l’influence du goupe ne s’arrête pas là. La basse de Dave Allen est au fondement de la fusion entre rock et funk. Quant à la guitare incontrôlée d’Andy Gill, elle aura précédé la noisy pop.

i found that essence rare (GANG OF FOUR) - sujet d'actu !!

lundi 1 novembre 2010

Undertones - Teenage Kick 1978

Buzzcocks-Boredom




Avec le punk littéraire des Buzzcocks, No futur et existentialisme, même combat!


Sans eux, le punk n'aurait été qu'un feu de paille limité à Londres. Dès 76, les Buzzcocks ont la révélation avec les Sex Pistols. Premier converti au punk dans leur ville, le groupe de Manchester attise les braises et invente l'indie rock. Issus du milieu ouvrier, deux étudiants, l'un en électronique, l’autre en philosophie s’ennuient ferme dans le nord de l'Angleterre.

En 75, Howard Devoto et Pete Shelley, fans des Stooges et de Roxy Music décident de fonder leur groupe. Le déclic, pour les Buzzcocks, c’est un concert donné par les Sex Pistols en février 76 à Londres. Shelley et Devoto convainquent les Sex Pistols de venir jouer à Manchester pour leur première date hors de Londres. Ce concert va changer le cours de l’histoire de la musique de Manchester. Dans la salle clairsemée, il y a du beau monde. Tony Wilson, fondateur de la Factory. Ian Curtis et Peter Hook qui formeront Joy Division à la sortie du concert et Mike Hucknall, le futur Simply Red.

Fédérés autour de la boutique "Sex" de Vivienne Westwood et Malcom Mc Laren, qui designent leur look, les punks explosent à Londres. A Manchester, par contre les Buzzcocks font du punk sans styliste. Dès leurs débuts les Buzzcocks font dans le punk littéraire. Financé par leurs parents avec 300 euros, leur single "Spiral Scratch" est la première autoproduction du punk britannique. Pressé à 1000 exemplaires au départ, ils en vendent plus de 25 000 en un temps record et sont signés par une major. A peine nés, les Buzzcoks se déchirent en 77. Howard Devoto, le chanteur, monte le groupe new wave Magazine, avec Barry Adamson à la basse.

Pour les Buzzcocks la traversée du désert dure 10 ans. En 89, Shelley reforme le groupe. Et depuis 17 ans, ces créateurs du rock indie selon l'expression de Morrisey des Smiths n'arrêtent pas de tourner.

ARTE - Tracks

(cf. aussi le très bon site de rock indé - indie rock - www.xsilence.net)
http://www.xsilence.net/disque-1862.htm

dimanche 24 octobre 2010

Quelques groupes phares du Punk britannique

Ensuite, le mouvement musical s’affirme avec de très nombreux groupes dont les Sex Pistols qui causent un scandale à la télévision :

The Sex Pistols :





The Clash :



Il ne manque que Shane Mac Gowan, le fameux chanteur des Pogues. Fête de la Saint patrick. 1988 !!!!



Buzzcocks :

L'influence du garage rock sur les punks anglais

Des jeunes musiciens ou artistes en devenir s’éloignent de la musique telle qu’elle est jouée à l’époque dans des stades et en reviennent à des groupes qui prennent leurs racines dans le rythm’ blues et le garage rock. Dans cette catégorie, un groupe apparaît comme ayant eu une influence déterminante :
Dr Feelgood :





Un jeune Joe Strummer (The Clash) commencera sa carrière dans un de ses groupes avant de s’en éloigner pour un discours plus radical :



Eddie and the Hot Rods :

Punk et cinéma en G-B

Don Letts qui sera bientôt le cinéaste du mouvement naissant en Grande-Bretagne a aussi apporté sa contribution : la pose et la musique reggea . Voir l'interview de Don Letts sur You tube

Un autre film :

PUNK en Grande-Bretagne : Une mode vestimentaire aussi

En Grande-Bretagne, le punk est musical mais aussi vestimentaire. Malcolm Mc Laren et sa boutique SEX sur Kings Road en fut le précurseur/importateur.

Sur l'égérie Jordan (Pamela Rooke), cette notice de Wikipedia :Jordan (born Pamela Rooke on 23 June 1955 in Seaford, East Sussex), is a model and actress noted for her work with Vivienne Westwood and the SEX boutique in the Kings Road area of London in the mid-1970s, and for being a fixture at many of the early Sex Pistols performances. Her style and fashion sense — a platinum-blonde bouffant hairdo with dark raccoon-like eye make-up — made her a highly visible icon of the London punk subculture, and she is credited with creating the punk look.
Rooke commuted daily to London from the south coast. She recalled that her Punk image caused problems for her:
I commuted for about two years. I had some real bad dos on the train. I had tourists trying to pay me for my photo…worse than that, mothers saying that I'm upsetting their children and debauching them and how dare I get on a train looking like that. Somebody tried to throw me off the train one day, literally out the door, so British Rail told me to go sit in first class, get out of trouble.[1]
In the late 1970s, she served as the manager for Adam Ant's band Adam and the Ants. She recorded the track "Lou" (about Lou Reed) as a guest lead vocalist with the band for BBC Radio 1 DJ John Peel's Peel Sessions and often performed the song live with them from mid 1977 up to May 1978 when she left the band.
She made a cameo appearance in Derek Jarman's debut film, Sebastiane and played the lead role in his follow-up film Jubilee, as the punk "anti-historian" Amyl Nitrite. She can also be seen in The Great Rock and Roll Swindle wearing an "only anarchists are pretty" t-shirt.
Today, Rooke works as a veterinary nurse and breeds Burmese cats.

samedi 7 novembre 2009

dimanche 11 octobre 2009

The Clash, "White Riot", 1977 (GB) / 1979 (US)



paroles : http://www.lyricsfreak.com/c/clash/white+riot_20031778.html

Cette chanson a parfois été mal comprise et détournée de l'intention que ses auteurs lui avaient prêtée : loin d'appeler à des affrontements entre blancs et noirs en Grande Bretagne, elle cherche à faire prendre conscience du potentiel de rébellion dont disposent les blancs face à l'autorité du gouvernement ou face aux groupes extrémistes qui cherchent à s'imposer dans la rue (National Front) -à un moment où, en Grande Bretagne, la population immigrée des anciennes colonies s'organise pour lutter contre le racisme et les agressions dont elle est victime. Cette chanson des Clash est à mettre au crédit de l'action militante de Rock Against Racism, associant surtout des groupes de punk et de reggae désireux de battre en brèche la montée de l'extrême droite à la fin des années 1970 en Grande Bretagne.