mercredi 29 septembre 2010

le dernier concert des dogs, groupe normand

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Dominique Laboubée par JEAN-BERNARD POUY - ROLK&FOLK - AOUT 1998 ((((http://www.webzinemaker.com/admi/m1/page.php3?num_web=8872&rubr=4&id=57475))))))




Dominique Laboubée chanteur des Dogs, legende de la scene rock française est mort le 9 octobre dans un hôpital du Massachusetts.les Dogs, restent l'un des meilleurs groupes français de la periode 79/85 auteur d'un album "classique"
Too Much Class For The Neighbourhood dans un registre très inspiré par les années 60 (Pretty Things, Stones,Flamin' Groovies) veritable acte de resistance au coeur des frileuses 80s.

Je sais, je pense, je sens que le passage au troisième millénaire sera rock. Il est là, tapi dans l'ombre du sampleur à casquette et du scratch en jogging (avec capuche). Il est là parce qu'il n'a pas disparu, parce qu'il n'a pas baissé ses grands bras nerveux, malgré les détournements FM, la tambouille amerlocaine vidéo-compromettante et les frasques du survival. Il est là, le bout des doigts soudé aux barrettes des manches, l'ongle ou le médiator prêt à ripper et il suffit de voir les infatigables baroudeurs de la bande au boulot, dans l'ombre pour l'instant bienfaitrice des petits clubs, des rades infâmes de banlieue provinciale et des restos énervés underground de la capitale, pour s'en persuader. Il est là, aussi, caché derrière les nostalgies minimales d'un Pascal Comelade qui, s'il n'est pas rauque, l'est néanmoins. Il est là chez tous ces groupes pour l'instant inconnus qui sous les masses verdoyantes de la province préparent des défoliants de première bourre. Salut Valence, salut Mort à Venise. J'ai déjà vérifié, avec Little Bob, la solidité de cette prescience. Je n'en fais pas une croisade. Je te pressens, c'est tout. C'est dans tes veines. Dans la viande verte du cerveau. Dans la crispation des muscles. Faut pas trop me dire le contraire, sinon je sors mon riff.

Après Robert Piazza, c'est-à-dire la solidité, la fidélité, la dignité, j'ai testé in vivo un autre avatar du mythe: l'élégance. Celle de la netteté violente, du style inoxydable, de l'énervement détaché. Et qui dit élégance dit Dominique Laboubée, avec ses cheveux mi-longs, ses vestes de tweed fatigué et son regard d'aigle plaqué au sol. Dominique Laboubée, donc les Dogs. On dit les Dogs, pas the Dogs, c'est la guerre à nouveau déclarée entre les Anglais et les Frenchies, les Beefs contre les Froggies, car ils n'ont pas oublié, eux, les anglos, toute cette période de la fin des années soixante-dix, quand les petits groupes hexagonaux faisaient les premières parties de Dr Feelgood, d'Eddie & The Hot Rods, des Inmates, et leur volaient systématiquement le podium, mini-Trafalgar à l'envers, vengeances ombreuses de l'histoire, preuves que l'Ouest français en valait bien un autre.

Après Le Havre, Rouen. Que celui qui n'a pas touché à la grâce, depuis Jeanne d'Arc et son méchoui tragique, me jette le premier cocktail Molotov. Mais les Dogs n'ont rien à voir avec une sainte, je les vois plutôt comme Gilles de Rais qui, déguisé en moine, a assisté au bûcher fumant, s'en est nourri, qui, malgré un désespoir ontologique, s'est décidé à l'aimer toujours, sa Jeanne, la défendre jusqu'à la mort, la recréer indéfiniment et vivre donc sa vie en marge. Eh bien Dominique Laboubée c'est Gilles de Rais, Il a vu le rock en feu, et quand les autres ont pu penser qu'il brûlait, qu'il se consumait, il s'est dit qu'il le servirait, qu'il serait le binaire, à jamais, toujours, sans changer, contre tout et contre tous, l'Etat, la Maladie, le désespoir, les paradis et les enfers, le travail.

Les Dogs ne reviennent pas, ne réapparaissent pas. ils remordent. Deux CD en septembre, et un live en plus. En anglais e en français. Y'en aura pour tout le monde. Allez fouiller dans les bacs, y a plus rien. Des pitbulls anémiés, des rotweillers lexomileux, des chihuohuas sous perf', oui, ça, chez les fnakistes, y en a un wagon. Mais des Dogs, les vrais clébards, impossible d'en dénicher (elle est bonne) la moindre trace. Tout a disparu. Tout doit être planqué dans les chambrettes des fidèles et des adorateurs de la secte ouahouah, peut-être dans des coffres-forts. Il est vrai que des albums comme "Walking Shadows" ou "Legendary Lovers", tout en crispation et cohérence, valent bien des lingots surévalués.

Ça ne va pas durer, ce manque, ce mal au ventre. La rentrée va être chienne. Et, toujours auréolé de l'appellation contrôlée 39°8 d'Envoyé Spécial Rock&Folk, je suis allé vérifier sur place, au Front Page, aux Halles, à Paris, trois concerts de suite, alors que dehors, vers les minuit, ça se bostonne entre bandes sur la place des Innocents, ou bien ça sort tuméfié des peep-shows locaux. Saint-Denis Montjoie. Un resto avec, au premier, des gens qui mangent de la viande saignante au ketchup/Tabasco et un orchestre qui fait dans le standard. Et à la cave, les Dogs. A la cave. La métaphore absolue. Tout le monde sait que la Série Noire, chez Gallimard, est à la cave, entre les chiottes et la photocopieuse. La littérature noire est remontée, de nos jours. Le rock va donc faire de même. Tout est une histoire de cave. Descendre à la cave c'est déjà aller au charbon, comme disait mon tonton. Les caves c'est pas pour les caves, comme disait ma tata.

Un coin aussi grand que la caisse d'une Gretsch, ambiance crypte résonnante garantie, hammam prévu car, dehors, il fait chaud, c'est la mi-mai, c'est l'été qui se pointe, et c'est normal, symbolique, parabolique encore. L'hiver du rock français se termine, les jours longs pointent leur soleil noir.

Ça tombe mal, ce soir-là, le dernier, le dimanche, j'ai une fièvre de cheval, une infection du maxillaire supérieur, une rage de dents et un bon paquet d'Augmentin 500 dans le bide, ce qui me donne une sagesse de labrador et le moral d'un barzoï déprimé. Ce que je peux dire c'est que, vers deux heures du mat', à la fin du concert, je n'avais plus mal, pour la bonne raison que mes trois dents de devant celles qui me torturaient depuis une semaine, avaient été déchaussées à mort, fraisées à fond par deux Gibson. Une musique incisive, comme dirait mon dentiste. Une musique irrémédiablement élégante dans Sa fureur, C'est ce que Dominique et ses sbires ne peuvent oublier, cacher, éliminer l'élégance. La preuve : juste avant de prendre un riff, alors que la guitare a pointé du nez vers le sol, la chaleur ayant fait glisser la bride, il remonte le manche, d'un doigt ouais, d'un doigt, et hop, juste après, c'est la violence froide. Faire du glacial lumineux dans une cave étuvée, ça tient du miracle. Je n'ai jamais vu personne faire ça. Avec son doigt. Le seul. Ça vaut déjà le détour, cette tranquillité, cette sûreté. Too much class for "le neighbourhood.

Il n'y avait pas grand monde, ce soir-là, la veille c'était plein, mais on était dimanche, il devait y avoir un film de Bruce Willis sur TF1, signe qu'il y a encore du boulot à faire ou alors, les chalands qui passaient, rue Saint-Denis, ont cru que l'orchestre du dessus c'était les Dogs, alors ils n'ont pas insisté. Mais, en dessous, sous les voûtes, ce n'est pas du temps qui passait c'était une condotta, des éclaireurs d'avant-garde, comme ces soldats au visage peint en noir qui s'enfoncent dans les jungles pour épier l'armée de l'ombre, ces hommes perdus comme les aiment tous les écrivains américains qui adorent tout ce qui part avant les autres, tout ce qui fouille, tout se qui se cache pour mieux frapper et qui fait du renseignement. Voilà. Les Dogs n'ont rien de soldats. Sont loin de toute guerre, de toute exaction. Et s'ils font mal, c'est aux dents. Mais ils ont ce côté espion, comme s'ils étaient en permanence chez l'opposant, comme s'ils balançaient des secrets, pour foutre le bordel, changer les cartes, trahir pour la bonne cause. La musique de Little Bob est tactique, celles des Dogs est stratégique, l'autre face de la polémologie, chapitre final la bataille définitive.

Et moi, avec mes gencives qui suintent le sueur qui coule dons le dos, les genoux qui s'effritent, le vent du plaisir sur le crâne, et trois ou quatre bières dans le buffet Une quinzaine de morceaux nets, envoyés rageusement dans le sauna, quinze polygones décisifs. Froid dans le dos. Les oreilles en brasier. Comme Jeanne d'Arc. Il y a toujours des vannes récurrentes sur l'aboiement des Dogs, mais c'est vrai qu'il y a quelque chose de l'ordre de l'éclat, de l'explosion, il faudrait plutôt évoquer les hululements longs et inquiétants du Chien des Baskerville. C'est vrai que c'est un peu gonflant cette référence permanente aux cadors. Mais c'est vrai aussi que le rock aime les animaux, les chats, stray ou sauvages, les pingouins, les scorpions, les scarabées, le T Rex, les horses de tout poil... Alors faut faire avec. Et enlever les muselières.

Pendant le concert, j'ai vite abandonné le repérage entre les classiques et les nouveautés. En gros cinquante/cinquante. Je n'étais pas dans l'état de repérer ce qui était récent et ce qui datait de l'histoire canine. Tiens, après la blague de l'incisive, en voilà une autre, c'est quand même incroyable que tout cela m'arrive au moment où j'ai mal aux dents. Ce n'est pas que les chansons se ressemblent mais, comme l'énergie est là, la même, celle d'une meute errante qui a renvoyé ses maîtres, on perd ses repères de temps. Mais vivement septembre quand même, e les attends, je campe devant le disquaire, je guette es souscriptions.

Ça faisait de nombreuses années que je ne les avais vus d'aussi près. Ils changent peu. Christian Rosset, 'e bassiste, et Bruno Lefaivre, à la batterie, sont là depuis en gros dix ans, la rage toujours chevillée, c'est normal, c'est évident. Ils savent que le hiératisme de Dominique Laboubée a besoin de ça et, sans déborder, ils font des plans incroyables, des cassures, des attaques, ça glisse et ça cogne mais je ne sais pas bien parier musique, et ils font ça avec un sérieux imperturbable, une concentration palpable, même Si ça sue, même Si ça grimace, même si Christian, de temps à autre, manque d'éborgner un spectateur avec le manche de sa basse. Et puis il y a le son du guitariste, celui qui a la plus mauvaise place, celle qui rompt le triolisme jammeux, celui qui doit s'en faire une, de place, à côté de l'impérialité de Dominique. Et Laurent Ciron m'a tout l'air d'être celui qui, depuis un peu plus de deux ans, a pu apporter une sorte de stabilité, ou du moins casser la fragilité quasi légendaire et obligatoire du groupe, celui qui signe la continuité, qui dit que même quand on est plus jeune, chien un peu fou, le répertoire, la force et la musique des Dogs est là, et pas uniquement dans la tête et les doigts du chef et qui, en même temps, ne doit pas casser cette fièvre fragile, qui doit respecter ce côté obscur de la Force, toute cette impression d'être au bord du ravin, du grand ravin gris, la barranca, celui de Malcolm Lowry, celui où le corps du Consul est jeté, à la fin d' "Au-Dessous Du Volcan", en même temps que le cadavre d'un chien. Tiens, encore un clebs. Décidément.

On parle souvent de l'esprit sixties de ce genre de combo. Je ne suis pas musicologue mais il me semble que réapparaît enfin cette rébellion, qui rappelle avec la musique que le monde, la morale, la culture dominante est contre, en bloc, et qu'il faut attaquer tout le reste, et d'une façon irrémédiable, aiguë, chirurgicale, que ce monde il faut l'écorcher, l'écorner, le défoncer, avec les béliers qu'on a sous la main, qu'ils soient politiques ou artistiques. Et que c'est cet esprit-là qui demeure, subsiste, réapparaît et ne meurt pas. On en a besoin, merde. Et on a besoin du rock pour s’apercevoir que ce mental-là ne meurt pas, puisqu'ailleurs, bonjour les dégâts.

Je suis rentré chez moi à pied et sans respecter les feux rouges. A deux heures du matin, le centre de Paris avait repris son ventre. Ça faisait du potin, un bruit sourd, une rumeur constante. Pourtant, il n'y avait presque personne dans les rues. Mais l'ombre noire et fantomatique du rock planait dans la nuit bleu de Prusse.

Moi, ce dimanche-là, j'avais la fièvre, un bon 39 à peine maîtrisé par les globules blancs. Eux, les Dogs, ce soir-là, avaient aussi la fièvre, la teenage fever; un bon 45, celle qui dit qu'on demeure adolescent quoi qu'il arrive et qu'on peut rester un Rimbaud électrique à perpète.




Deux nouvelles concernant les DOGS : Parution le 5 octobre 2010 d'un livre de Laurent Jaoui, "ROCK FRANÇAIS (1977-83), aux Éditions "Autour du livre"
(http://www.adlivre.com/cahiersdurock/index.htm)

Et, le 5 octobre2010 également, sortie d'un triple DVD sur l'émission CHORUS (INA), avec un morceau des DOGS, "Little Girl".
http:/...
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http://www.adlivre.com/cahiersdurock/index.htmEt
www.adlivre.com


Sur les dogs aussi : http://www.inside-rock.fr/Les-Dogs-chiens-enrages-du-rock

dimanche 26 septembre 2010

Programme de la 3eme session de Rock, culture et politique (septembre-décembre 2010)



27 septembre
Qu’est-ce que le Rock des années 1970 ?
Joann ÉLART, Jean-Claude VIMONT

4 octobre
État du Rock dans le monde à l'aube des années 1970
Joann ÉLART

11 octobre
Le Rock : une musique engagée ? Du Protest Song à « We are the World »
Florence CABARET

18 octobre
Rock progressif et contestations lycéennes
Jean-Claude VIMONT

25 octobre
Hard Rock, Pub Rock et contestations lycéennes
Jean-Claude VIMONT et Joann ÉLART

1er novembre : férié

8 novembre
Rock, jeunesse et contestation en France dans les années 1970
Ludivine BANTIGNY

15 novembre
No future and Anarchy : le Punk
Pascal DUPUY

22 novembre
Du Ska au Ska : des Rasta aux Skinheads (1960-1980)
Florence CABARET et Joann ÉLART

29 novembre
Le Rock entre hommes et femmes
Florence CABARET

6 décembre
Diffusion et langage du Rock
Pascal DUPUY et Joann ÉLART

13 décembre
Rock et cinéma
Ludivine BANTIGNY

????
Test (2h)

samedi 25 septembre 2010

Inroduction à la 3eme session de Rock culture et politique

Bob Dylan et ses amis à l'occasion de son anniversaire... des années soixante à aujourd'hui en passant par Harrison, Clapton, Neil Young etc...
Cliquez sur le titre pour voir le CLIP

les icones du rock selon Telerama

Une collection de 12 DVD consacrée aux « icônes du Rock », par Télérama (2009-2010)

Première série (2009)

« Découvrez des grands classiques du rock que l'on (re)-visionnera avec plaisir ou que l'on fera découvrir aux plus jeunes. / Au menu, les Rolling Stones explosifs du concert géant d'Hyde Park en 1969 ; l'incroyable spectacle de Pink Floyd en 1971 ; un film sur la première tournée européenne des Doors en 1968 ; une collection de documents saisissants sur Jimi Hendrix ; l'incroyable « The song remains the same » de Led Zeppelin en 1973 ; une magnifique session acoustique de Neil Young, filmée en 2005 et enfin l'incontournable « Rude Boy » des Clash, le documentaire rock par excellence. »

Contenu du coffret
The Rolling Stones, In the Park, 1969
Pink Floyd, Live at Pompeii, 1971, 2003
The Doors, Live in Europe, 1968
Jimi Hendrix, Live concert et documents 1973
Led Zeppelin, The song remains the same, 1973
Neil Young, Heart of Gold, 2005
The Clash, Rude Boy, 1980

Seconde série (2010)

« Télérama vous propose de découvrir ou revivre des concerts mythiques, qui ont déplacé des hordes de fans et marqué l'histoire du rock. / Au programme, « Gimme Shelter » des Rolling Stones, traumatisme indélébile dans la conscience du public et des Stones, qui marque la fin et l'effondrement de Woodstock ; la tournée de U2 aux États-Unis, « Rattle and Hum » où les quatre garçons de Dublin ne s'interdisent rien ; le dernier concert de David Bowie dans la peau de Ziggy Stardust, coiffure rousse, visage taillé au couteau par un maquillage agressif, costume d'androgyne débarqué d'on ne sait quelle planète ; « Purple Rain » de Prince, délire unique dans l'histoire de la musique et du culte de la personnalité... Ou encore ce concert hommage à Léonard Cohen, qui sert avec autant de finesse que de respect les mots et mélodies du grand canadien qui vient clôturer lui-même la soirée. Et pour finir, un documentaire de Scorsese nous mène des lieux d'enfance de Robert Zimmerman jusqu'au chanteur qui a fait sa mue : Bob Dylan, émacié et beau comme un demi dieu accompagné de son groupe électrique. »

Contenu du coffret
The Rolling Stones, Gimme Shelter, 1970
U2, Rattle and Hum, 1987
David Bowie, Ziggy Stardust and the spiders from mars, 1973
Bob Dylan, No Direction Home, 2005
Léonard Cohen, I'm Your Man, 2005
Prince, Purple Rain, 1984

Définir le rock ?

Le Rock par David Herschel
Annonce de David Herschel publiée en ligne sur le site de France Culture, pour le lancement en janvier 2007 de l’émission Une histoire de… qui devient le temps de vingt épisodes Une Histoire du Rock ou Introduction raisonnée à une musique de sauvages.

« La musique rock habite notre quotidien depuis plus de cinquante ans. […] Elle étend notamment son influence à la mode, au cinéma, aux arts plastiques. Mais c’est d’abord notre mode de vie et de pensée que cette musique a voulu contribuer à modifier. Instrument d’un conflit de générations dans les années 50, le rock’n’roll originel a fait place à une ambitieuse contre-culture dans les années 60. Depuis lors, le rock est tour à tour devenu le vecteur du pacifisme, de la libération sexuelle, de l’accès aux drogues, de l’engagement politique ou humanitaire. Les grands festivals sont l’occasion d’une communion universaliste, parfois d’une identification clanique, mais toujours d’un intense transfert d’affects en direction de stars parées de vertus quasi-surnaturelles. Comme expression musicale, le rock est cependant, avant toute chose, un répertoire d’œuvres passionnantes. Des premières légendes […] à la geste héroïque d’un groupe tel que Muse aujourd’hui, cinquante ans de création nous interrogent, nous provoquent et savent souvent nous charmer. Les Beatles, les Rolling Stones, Jimi Hendrix, Led Zeppelin, David Bowie, les Sex Pistols, Prince, Nirvana, tous ces artistes et bien d’autres ont contribué à renouveler le langage musical du rock, à donner à cette même entité des incarnations contrastées, voire contradictoires. »


Rock et Rock’N’Roll
Une définition de David Herschel
transcrite à partir de sa première émission radiophonique Une Histoire du Rock sur France Culture en janvier 2007.

« Le terme rock est extrêmement large. Il comprend les différents courants musicaux qui sont nés ou dérivés du Rock’N’Roll des origines ; le Rock’N’Roll proprement dit, voilà un mouvement qui est assez facile à circonscrire dans le temps, l’espace et le style. C’est une musique qui descend du blues des Noirs américains et de la Country blanche. Elle émerge un peu avant le milieu des années 50 et disparaît de la scène américaine vers la fin de cette même décennie pour réapparaître régulièrement sous de nouvelles incarnations. À ce premier état du Rock’N’Roll va succéder ce que certains appellent la Rock Music, ou tout simplement, le Rock, au sens large du terme, qui reprend, développe, modifie et enrichit ce Rock’N’Roll originel par un nouveau souci de l’harmonie, un nouveau raffinement mélodique et instrumental, ou bien au contraire par un surcroît d’énergie et de puissance sonore. Cette musique Rock élargie comprend de très nombreux courants, du psychédélisme au métal, en passant par la musique progressive, le Glam, etc. »


Le Rock dans le Dictionnaire du Rock de Michka Assayas
« Rock. Voir Rock’n’roll »
« Rock’n’Roll : Style musical apparu aux États-Unis au début des années 50 » puis « Peu à peu, le mot “ Rock ” devint le terme générique de la musique populaire américaine et britannique, puis occidentale »).

Le Rock et le constat d’une diversité des styles
Par Michka Assayas,
Dictionnaire du Rock, Paris, Robert Laffont (Bouquins), 2000, tome II, p. 1603.

« Les tendances sont éclatées : rock engagé, chaotique, des MC5, funk de James Brown ou Sly Stone, rock teinté de musique latine avec Santana, musique classique et free-jazz en Allemagne, musique progressive et space rock (planant) de Pink Floyd, courant des auteurs-compositeurs-interprètes de folk-rock qui s’interrogent douloureusement sur la perte de leurs illusions, comme Crosby, Stills, Nash (& Young) et James Taylor, blues-rock et bientôt hard rock et heavy metal (Led Zeppelin, Back Sabbath), expression réaliste de tendances décadentes et extrêmes dans les grands centres urbains (Iggy Pop & The Stooges, Lou Reed), country-rock californien des Eagles, jazz-rock (Miles Davis), Pop – dans le sens de variété (Diana Ross, Elton John) –, rock théâtral (Genesis, Alice Cooper, Kiss), glam rock (David Bowie, Roxy Music) […] Ce mouvement d’éparpillement suscitera pourtant une réaction violente au milieu des années 70. Sous l’influence des groupes amateurs comme Suicide et les New York Dolls à New York ou Dr Feelgood en Grande-Bretagne, une minorité agissante s’emploiera à rembobiner le rock à toute vitesse vers son passé. Alors que la vague disco va bientôt envahir le monde et que le reggae des “ rockers ” de Sly & Robbie arrive de Jamaïque, dans un dernier soubresaut, la vague punk de 1976-1979, violente, provocante, extrême, cherche à retrouver les racines et à renouer avec la fureur du rock’n’roll des origines, la naïveté en moins et le cynisme en plus. Avec les Sex Pistols en tête, elle provoque une secousse intense et de courte durée, mettant à bas bien des groupes “ dinosaures ”, de Pink Floyd à Genesis, qui régnaient alors sans partage. Née de ce séisme, ce qu’on a appelé dans le monde anglo-saxon la New Wave entraîne un retour, mais comme en négatif, à certaines valeurs des années 60 : des chansons courtes, efficaces, cinglantes, parfois grinçantes, défendues par des artistes aussi divers que Blondie, Elvis Costello, Devo ou XTC. […] Cette période marque aussi l’apparition de la musique dite industrielle, avec Throbbing Gristle. Le groupe le plus populaire de cette tendance sera The Cure. Le plus important reste sans conteste Joy Division, qui acquerra une valeur de mythe après le suicide de son chanteur, Ian Curtis, en 1980. De façon générale, s’ouvre alors pour le Rock une période de deuil et de nostalgie. »

Définitions du rock : une sélection personnelle, celle de Philippe Manoeuvre

Philippe MANŒUVRE
ROCK'N'ROLL
La discothèque Rock idéale
101 disques qui ont changé le monde
Paris, Rock & Folk / Albin Michel, 2005


Elvis Presley The Sun Session
The Yardbirds Having A Rave Up 1965
The Beach Boys Pet Sounds 1966
Bob Dylan Blonde on Blonde 1966
The Doors The Doors 1967
The Velvet Underground The Velvet Underground & Nico 1967
The Beatles Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band 1967
Pink Floyd The Piper At The Gets Of Dawn 1967
Love Forever Changes 1967
Jefferson Airplane After Bathing At Baxter's 1967
The Band Music From Big Pink 1968
Big Brother & The Holding Company Cheap Thrills 1968
Jimi Hendrix Electric Ladyland 1968
The Beatles White Album 1968
The Jeff Beck Group Beck-Ola 1969
Johnny Cash Live at San Quentin 1969
Blind Faith Blind Faith 1969
King Crimson In the Court of the Crimson King 1969
Led Zeppelin Led Zeppelin II 1969
Frank Zappa Hot Rats 1969
Captain Beefheart Trout Mask Replica 1969
MC5 Back in the USA 1970
Deep Purple In Rock 1970
The Pretty Things Parachute 1970
Amon Düül II Yeti 1970
Crosby, Stills, Nash & Young Déjà vu 1970
The Stooges Fun House 1970
James Brown Sex Machine 1970
George Harrison All Things Must Pass 1970
Derek And The Dominos Derek And The Dominos 1970
Serge Gainsbourg Histoire de Mélodie Nelson 1971
Can Tago Mago 1971
The Doors L.A. Woman 1971
The Rolling Stones Sticky Fingers 1971
The Flamin' Groovies Teenage Head 1971
Marvin Gaye What's Going On 1971
Allman Brothers Band Live At Fillmore East 1970
The Who Who's Next 1971
John Lennon Imagine 1971
Led Zeppelin Led Zeppelin IV 1971
Alice Cooper Killer 1971
Sly And The Family Stone There's A Riot Goin' On 1971
The Rolling Stones Exile On Main Street 1972
Roxy Music Roxy Music 1972
Hawkwind Doremi Fasol Latido 1972
Santana Caravanserai 1972
Pink Floyd The Dark Side Of The Moon 1973
Todd Rundgren A Wizard, A True Star 1973
Iggy & The Stooges Raw Power 1973
Lou Reed Berlin 1973
New York Dolls New York Dolls 1973
David Bowie Pin Ups 1973
Black Sabbath Sabbath Bloody Sabbath 1973
Copperhead Copperhead 1973
Lou Reed Rock 'N' Roll Animal 1974
Robert Wyatt Rock Bottom 1974
Big Star Radio City 1973
Lynyrd Skynyrd Pronunced 'leh-'nérd 'skin-'nérd 1973
Neil Young Tonight's the Night 1975
Bruce Springsteen Born To Run 1975
Patti Smith Horses 1975
Aerosmith Rocks 1976
Television Marquee Moon 1977
The Clash The Clash 1977
Bob Marley & The Wailers Exodus 1977
The Jam In The City 1977
Steely Dan Aja 1977
The Heartbreakers DTK LAMF 1977
Sex Pistols Never Mind The Bollocks 1977
Wire Pink Flag 1977
Suicide Suicide 1977
Elvis Costello & The Attractions This Year's Model 1978
Kaftwerk The man Machine 1978
Funkadelic One Nation Under A Groove 1978
Public Image Limited Public Image 1978
Motorhead Overkill 1979
Michael Jackson Off The Wall 1979
Gang Of Four Entertainment! 1979
The Ramones End of the Century 1980
The Cramps Songs The Lord Taught Us 1980
Diana Ross Diana 1980
Joy Division Closer 1980
AC/DC Back in Black 1980
The Specials More Specials 1980
The Cure Pornography 1982
Prince Sign 'O' The Times 1987
Gun's & Roses Appetite For Destruction 1987
Pixies Doolittle 1989
Sonic Youth Goo 1990
Nirvana Nevermind 1991
Rage Against The Machine Rage Against The Machine 1992
The Black Crowes The Southern Harmony […] 1992
Jeff Buckley Grace 1994
Red Hot Chili Peppers One Hot Minute 1995
Oasis Whats The Story (Morning Glory) 1995
Alice In Chains Alice In Chains 1995
Radiohead OK Computer 1997
Air Moon Safari 1998
The Strokes Is This It 2001
Queens Of Stone Age Songs For The Deaf 2002
The White Stripes Elephant 2003
The Libertines Up the Bracket 2002

lundi 20 septembre 2010

The sweet, desolation album !!!!

Quel beau titre !
cliquez pour voir la vidéo... Mais je préfère les Runaways en combinaison similicuir....

The runaways,

The runaways,

The Runaways, 1977

Premier groupe de filles formé en 1976 à Los Angeles avec notamment Joan Jett

Suzi Quatro en 1973

cliquez sur le titre pour voir et entendre la chanteuse

D'autres groupes punk britanniques : The ruts, 1978

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Festival d'Amougies, 1969, Frank Zappa et Pink Floyd

Cliquez sur le titre pour voir la vidéo et surtout l'entendre

Festival d'Amougies, 1969, Pink Floyd

Cliquez sur le titre pour voir la vidéo

Les punks d'Irlande du Nord, Stiff little fingers

Les punks d'Irlande du Nord : Stiff little fingers (1977)

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vendredi 14 mai 2010

Un DVD de Chris Marker, 1967-1977, Le fond de l'air est rouge

Le fond de l'air est rouge de Chris Marker

Coffret 2 DVD

De Che Guevara à Rudi Dutschke, de Lénine à Mao, de Charonne à la rue Gay-Lussac, de Cuba à Santiago, « Le fond de l’air est rouge » retrace la montée puis la retombée des utopies révolutionnaires des années 60 et 70. Ce film-culte de Chris Marker constitue un extraordinaire montage d’archives, dans une nouvelle version rééditée par l’auteur.


DVD 1 - LE FOND DE L'AIR EST ROUGE
1967 – 1977 : années capitales de l’histoire mondiale.
« … Au cours de ces dix années, un certain nombre d'hommes et de forces (quelquefois plus instinctives qu'organisées) ont tenté de jouer pour leur compte, fût ce en renversant les pièces. Tous ont échoué sur les terrains qu'ils avaient choisis. C'est quand même leur passage qui a le plus profondément transformé les données politiques de notre temps. Ce film ne prétend qu'à mettre en évidence quelques étapes de cette transformation. » Chris Marker

Images officielles, bouts de films, chutes de reportages, bobines négligées sont les matériaux de cette fresque majeur dans la filmographie de Chris Marker et dont le visionnage se clôt sur le déroulant suivant : « Les véritables auteurs de ce film sont les innombrables cameramen, preneurs de son, témoins et militants dont le travail s'oppose sans cesse à celui des pouvoirs, qui nous voudraient sans mémoire. »

1ère partie : LES MAINS FRAGILES
1. Du Viêt Nam à la mort du Che / 2. Mai 68 et tout ça

2ème partie : LES MAINS COUPÉES
3. Du printemps de Prague au Programme Commun / 4. du Chili à ...quoi, au fait ?

It, International Times, 1966-1996


International Times (it or IT) was an underground paper founded in London in 1966. Editors included John Hopkins, David Mairowitz, Pete Stansill, Barry Miles, Jim Haynes and playwright Tom McGrath. Jack Moore, avant-garde writer Bill Levy and Mick Farren, singer of The Deviants, also edited at various periods.

Within a short time of the first issue, the name International Times was changed to IT after litigation threats from the London Times. The paper’s logo was a black-and-white image of Theda Bara, vampish star of silent films. The founders’ original intention had been to incorporate an image of the actress Clara Bow because she’d been known as The IT girl, but an image of Theda Bara was used by accident and, once deployed, was never changed. Paul McCartney donated to the paper.

Charlie hebdo, les lycéens et la loi Debré


Merci Noé^^^^

Denis Hopper

Acteur et réalisateur du "cultissime" Easy rider
Artilce de Libération du 14 mai 2010

Black Sabbath à ses débuts


Photographie fournie par leur maison de disques à l'époque des deux premiers albums

dimanche 4 avril 2010

Le renouveau du ska en Grande Bretagne à la fin des années 1970:

Le renouveau du ska en Grande Bretagne à la fin des années 1970:
l'exemple des Specials (1978-1984)

http://www.friendship-first.com:8080/modules/productscontent/fichiers/1099/5139/14686.pdf

dimanche 28 février 2010

Le ROCK : une musique engagée ?

Le Rock : une musique engagée ?

- « musique engagée » : oxymore ?
- sous-représentation des chansons ayant un lien avec le politique : face aux love’n lust songs
- rock / révolte / contestation (protest) : est-ce la même chose que rock « engagé »
- pourquoi a-t-on tendance à associer rock et engagement ? ou plutôt, rock et contestation ?

I Du folk au folk-rock contestataire aux EU (1960-1970)

- deux décennies marquées par deux épisodes incontournables de l’histoire américaine :
1. le Mouvement des droits civiques (1954-1968)
2. la guerre du Vietnam (1959-1975)

- deux moments qui sont portés par les protest singers de l’époque

cf.Charles Gancel et Yves Delmas, Protest Song. La chanson contestataire dans l’Amérique des Sixties, Textuel, coll. Musik, 2005.

- provoquer une prise ce conscience et non pas nécessairement proposer un programme politique ; accompagner des mouvements politiques et non pas obligatoirement s’engager comme militant dans ces luttes politiques

cf. portée très générale de la chanson de Bob Dylan, « The Time they are a-changin’ » (1964) : se voulait être l’hymne d’une jeunesse en rébellion contre l’autorité (parentale, des valeurs racistes blanches, de l’armée, de l’état)
cf. dimension énigmatique de « The Answer is blowing in the wind »
cf. dimension incantatoire de Joan Baez, « We Shall Overcome »
cf. mise en cause plus explicite de la ségrégation dans Bob Dylan, « Oxford Town »

cf. portée universelle / balade / référence implicite au Flower Power dans Peter, Paul and Mary, “Where Have all the Flowers Gone”
cf. musique légère et entraînante, dimension humoristique et d’ironie grinçante de Joe McDonald, “I Feel Like I'm Fixin' to Die Rag” (1965)

- différence entre the magnetic song et the rhetoric song

- trois exemples de reaction songs (ou topical songs) :
> « Ohio » de Still, Nash and Young (1970)
> « Attica State » de John Lennon (1971)
> « George Jackson » de Bob Dylan (1971)

II Du protest-rock à l’association du punk et du reggae en GB (1970)

- le contexte politique, économique et social : post swinging sixties
- montée en puissance de the New Right (1979 : Margaret Thatcher, premier ministre conservateur)

- la jeunesse : cible politique et cible marketing

- âge du droit de vote, de la majorité ; X certificate
- question des châtiments corporels dans les publics schools : mobilisation de the Schools Action Union (SAU) et de la STOPP (Society of Teachers Opposed to Physical Punishment)
- Black Papers vs. expérience progressiste de Summerhill
- abolition de la peine de mort

à mettre en parallèle avec un certain nombre de résistances :
- organisations pro-life
- jugements à l’encontre de la presse underground : IT, Oz, Gay News
- Festival of Light (1971) qui prône le retour aux « bonnes mœurs »

- les troubles en Irlande du Nord
> John MacCartney, “Give Ireland Back to the Irish” (1972)
> John Lennon, “Sunday Bloody Sunday” (1972)

- decolonisation / immigration / émeutes raciales
> création de Rock Against Racism (RoAR)
> liens entre punk et reggae
> Anti-Nazi League vs. National Front
> Two-Tones Label
> The Specials, “A Racist Friend”
> Steel Pulse, “Ku Klux Klan”
> The Clash, “White Riot”

III De la convergence des luttes à la déliquescence du Charity Rock (1970)

- Mobilisation contre l’apartheid en Afrique du Sud
- Emprunts au Black Power movement américain, emprunts à la contestation des étudiants de la fin des années 1960
- Relais auprès de différents types d’artistes, noirs et blans, entre les EU et la GB :
> Gil Scott-Heron, “Johannesburg” (1975)
> Peter Gabriel, “Biko” (1980)
> The Specials, “Nelson Mandela”

- décennie des charity concerts entre les EU et la GB
- du Bangladesh (1971) au Cambodge (1979)
- charity business, benefit rock ou agit-pop
- vers les années 1980: Live Aid – Band Aid
- déclin de l’engagement ou consécration de l’auto-promotion d’un système déjà présent à Woodstock?

samedi 6 février 2010

Programme de la 2eme session de l'UDD Rock culture et politique ( 2010)

Les origines du rock des années 70

Histoire des origines du Rock des années 70
Joann ÉLART – UDD RCP


I. Le Blues

Origines
Chronologie, esclavage jusqu’en 1865, guerre de Sécession

Le Blues rural
Work Songs (travail)
> James Carter And The Prisonners, Po Lazarus (1955)
Negro Spirituals (La prière)
> Austin Coleman, avec Joe Washingtin Brown, My Soul Is A Witness (1934)
> Revérend Mc Ghee, I’m A Soldier In The Army Of Lord (1942)
Plantation Dance (La danse et divertissement)

Premières mutations et diffusions
1865-1870 : lois de Jim Crow et la ségrégation (jusqu’en 1964)
Holler ou Field-Holler : chants solitaires, disparitions des Work Songs (sauf dans les pénitenciers)
1865-1914 : développement industriel et grands chantiers : migration des anciens esclaves noirs vers les villes du Sud (La Nouvelle-Orléans, Dallas, Atlanta, Memphis) pour trouver du travail dans les usines (aciéries, raffineries)
1914-1918 : migration vers les grandes villes du Nord (New-York, Detroit, et surtout Chicago qui deviendra la « capitale du Blues ») et enfin vers la côte Ouest (Los Angeles, San Francisco).
Développement urbain et des divertissements : naissance du statut de musicien professionnel itinérant : les Songster ou les Hobbos.

Premières revendications contre la ségrégation
Naissance de la culture negro-américaine
Le Gospel remplace le Negro Spritual ; naissance de la ballade noire, élaborée par les Songsters.

La Mason-Dixon Line, frontière entre deux Amériques : d’un côté, les états du Nord, industrialisés, qui incarnent la modernité et l’émancipation ; de l’autre, les états du Sud, fortement ruralisés, réactionnaires et ségrégationnistes.
Au Nord : développement de l’industrie du disque (Chicago, New York). Apparition des Black Records ou Race Records. Premier enregistrement : Crazy Blues.
> Mami Smith, Crazy Blues (1920)

Les Classic blues singers
(années 1920 jusqu’à la crise de 1929)
Les Tent-Shows, Test-Shows ou Medecine-Shows.
> Bessie Smith (1898-1937), Nobody Knows You When You’re Down And Out
> Gertrude « Ma » Rainey (1886-1939), Ma Rainey, Prove it on me blues
À partir de 1925 : Talent-Scouts et émergence de trois grands styles de blues : le Delta Blues, le East Coast Blues et le Texas Blues.

Delta Blues (années 1920)
> Charlie Patton (ca 1887-1934), High Sheriff Blues
> Charlie Patton, A Spoonfull Blues
> Tommy Johnson (1896-1956), Canned Heat Blues
> Son House (1902-1988), Pearline
> Bukka White (1909-1977), Bukka’s Jitterbug Line
> Bukka White, Special Stream Line
> Bukka White, Fixin’ To Die
> Skip James (1902-1969), Devil Got My Woman
> Big Joe Williams (1903-1982), Baby, Please Don’t Go
> Tommy Mac Clennan (1908-1962), Bottle it up and go
> Robert Johnson (1914-1938), Travelling Riverside Blues
> Robert Johnson, Sweet Home Chicago

East Coast Blues
> Blind Blake (ca 1890-1935), Too Tight Blues (1926)
> Blind Blake, Southern Rag (1927)
> Blind Blake, Blind Arthur Breakdown (1929)
> Blind Willie McTell (1901-1959), Southern can is mine (1931)
> Reverend Gary Davis (1896-1972), Little More Faith in Jesus (1940)
> Blind Boy Fuller (1903-1940), Log Cabin Blues
> Sonny Terry (1911-1986), Train Whistle Blues
> Sonny Terry (1911-1986), Harmonica And Washboard Breakdown

Texas Blues
(années 1920-1930)
1er style
> Blind Lemon Jefferson (ca 1897-1930), Matchbox Blues (1927)
> Texas Alexander (ca 1890-1955), No More Woman Blues (1928)
2e style
> Leadbelly (1885-1949), Black Betty (années 1930)
> Leadbelly, Black Snake Moan (1935)
Blues de la Nouvelle-Orléans dit aussi de Louisiane
Style à part entière dans la région du Texas Blues (années 20-30)
> Lonnie Johnson (1894-1970) 6/88 glide (1927)
> Lonnie Johnson, Playing with strings (1928)

Conséquence des grands mouvements migratoires des populations noires américaines et de leur concentration dans les villes : naissance des styles urbains avec le Memphis, le Saint-Louis et le Chicago Blues.

Le Memphis Blues
(années 1940)
> Frank Stokes (1887-1955), It Won’t Be Long Now (1928)
> Memphis Jug Band, Memphis Jug Blues (années 1930)
> Furry Lewis (1893-1981), Dry Land Blues (1928)
> Memphis Minnie (1896-1973), When The Levee Breaks (1929)
> Sleepy John Estes (1904-1977), Stop That Thing (1935)
Le Blues de Saint-Louis
> Roosevelt Sykes (1906-1983), Roosevelt Blues (1929)
> Walter Davis (1912-1964), Let me in your Saddle (1939)
> Peetie Wheatstraw (1905-1941), Slave Man Blues (1937)
> Leroy Carr (1905-1935), When The sun goes down (1935)



Le premier Chicago Blues
(années 1940-1950)
1er style : Blues néo-Classique
> Tampa Red (1903-1981), You Can’t Get That Stuff No More
2e style : Bluebird Blues
> Washboard Sam (1910-1966), The Big Boat (1937)
> Big Bill Broonzy (1897-1958), Rambling’bill (1947)
> Jazz Gillum (1904-1964), Sarah Jane (1934)
> Jazz Gillum, Sweet Sweet Woman
> John Lee « Sonny Boy » Williamson (1904-1948), Mattie Mac Blues (Boogie)
> John Lee « Sonny Boy » Williamson, She Don’t Love Me That Way (Boogie)
> Big maceo (1905-1953), Chicago Breakdown (1945) (Boogie)

Seconde Guerre mondiale
Naissance du Chicago Blues moderne
> Sonny Boy Williamson, It’s A Bloody Life (1947-48)
> Jimmy Reed, Baby, what you want me to do


II. Le Cajun

Rappel historique
> Joseph Falcon et Cleoma Breaux, Allons à la Fayette (1928)
> Joseph Falcon, Acadian One-Step (1929) [‘tit fer]
> Alley Boys of Abbeville, Pourquoi tu m’aimes pas ? (1939) [violon, Steel guitar]
> Hackberry Ramblers, Une piastre ici et une piastre là-bas (1938)
> Harry Choates, Jole Blon’ (1946)

Naissance du Zydéco
Conséquence de l’expansion de la ségrégation dans les Bayous
> Clifton Chénier, Ma Mama m’a dit sur « Bogalusa Boogie » (1975), adaptation de My Mama Told Me.
> Clifton Chénier, Allons à Grand Coteau, reprise d’Allons à Lafayette de Joseph Falcon. Grand Coteau est une ville de Louisiane, voisine de la ville de Lafayette.


III. La Country

Origines
Naissance de la Country et installation aux États-Unis des premiers colons blancs, les Celtes, provenant d’Angleterre, d’Écosse, du Pays de Galles et d’Irlande, Traditions orales anglo-irlandaises.
Voyages de Cecil J. Sharp (1859-1924) aux États-Unis, qui collecte environ 1700 ballades.
Premiers flux migratoires (exploitation minière, construction de routes et industrialisation)

Apport musical
des différentes communautés

Hillbilly Music (Old Time)
> Uncle Dave Macon (1870-1952), Way Down The Old Plank Road (1926)
> Uncle Dave Macon, Buddy won’t You Roll Down The Line (1928)
> Sam Mc Gee (1894-1975), Salty Dog Blues (1927)
> Sam Mc Gee (1894-1975), Railroad Blues (1934)
> Moran Lee « Dock » Boggs (1898-1955), Sugar Baby (1927)
> Charlie Poole (1892-1931), White House Blues (1928)
> Riley Puckett (1894-1946), Chain Gang Blues (1934)
> The Carter Family, Keep on the Sunny Side (1927)
The Carter Family, Can The Circle Be Unbroken (Bye and bye) (1935)
> Jimmy Rodgers (1897-1932), Sleep, Baby Sleep (1927)
> Jimmy Rodgers, Treasures Untold (1928)
> Jimmy Rodgers, Jimmie’s Texas Blues (1929)
> Jimmy Rodgers, Those Gambler’s Blues (1930)

Western primitif
et Cow Boys chantants
> Harry Mc Clintock (1882-ca 1950), Utah Carl (1951)
> Gene Autry (1907-1998), A Yodelin’ Hobo (1930)
> The Sons of the Pioneers, Cool Water (1941)
> Patsy Montana (1908-1996), « cow-boy chantante », I Want To Be A Cowboy’s Sweetheart (1935)
> Goebel Reeves (1899-1959), Warning (1930)

Western Swing
> Bob Wills (1905-1975), San Antonio Rose (1938)
> Bob Wills, New San Antonio Rose (1940)
> Bob Wills, Time Changes everything (1940)
> Milton Brown (1903-1936), Oh You Pretty Woman (1934)
> Adolph Hofner (1905- ?) & His Texans, I’ll Keep My Old Guitar (1938)
> Bill Boyd (1910-1977) & Cowboy Ramblers, Too Blue to care (1935)
> Light Crust Doughboys, Pussy Pussy Pussy (1938)
> Spade Cooley (1910-1969), Oklahoma Stomp (1938)

Deux styles particuliers dans cette région du Sud :
1) Le Cajun
2) Le style propre de Woody Guthrie (1912-1967), Buffalo Skinners (1945)

Bluegrass
> Bill Monroe (1911-1996), [The Monroe Brothers], Just A Song Of Old Kentucky (1936)
> Bill Monroe [The Monroe Brothers], Roll in My Sweet Baby’s Arms (1936)
> Roy Acuff (1903-1992) & His Smokey Mountain Boys, Great Speckle Bird (1936)
> Roy Acuff, Charming Betsy (1936)
> Roy Acuff, Jole Blon (1947)
> Roy Acuff, I Saw The Light (1947)

Les grands changements
d’après guerre
Flux migratoires vers les villes industrialisées du Nord : nostalgie et naissance du Honky Tonk

Changements musicaux
et naissance du Honky Tonk
> Ted Daffan, Born to Lose (1942)
> Jimmy Wakely & Fiddlin’ Arthur Smith, Take Me Back to Tennessee (1943)
> Ernest Tubb (1914-1984), Walking the Floor Over You (1941)
> Ernest Tubb, That Wild And Wicked Look In Your Eye (1947)
> Merle Travis (1917-1983), Nine Pound Hammer (1946)
> William « Lefty » Frizell (1928-1975), If You Got The Money, I’ve Got The Time (1950)
> Aubrey « Moon » Millican (1909-1967), Rockin’Rolling Mama (1939)
> Hank Williams (1923-1953), Move It On Over (1947)
> Hank Williams, Lovesick Blues (1948)
> Hank Williams, Cold cold Heart (1950)
> Hank Williams, Ramblin’ Man (1951)

Derniers feux des traditions du Old Time
> Hank Snow (1914), son I’m Movin’ On (1950)

Country Girls ou Country Ladies
> Rose Maddox (1926-1998), Honky-Tonkin’ (1948)
> Rose Maddox, Philadelphia Lawyer (1948)

Survivance du Bluegrass
> Bill Monroe, Blue Moon Of Kentucky (1946)
> Bill Monroe, Molly And Tenbrooks (The Race Horse Song) (1947)
> Stanley Brothers, The Rambler’s Blues (1948)
> Flatt & Scruggs, Flarewell Blues (1948)



IV. Le Rhythm And Blues

Origines

Pianistes et des crooners
> Roy Brown (1925-1981), Good Rockin’ Tonight (1947)
> Nat « King » Cole (1919-1965), (Get Your Kicks On) Route 66 (1946)
> Charles Brown (1922-1999), Trouble Blues (1949)
> Charles Brown, Driftin’ Blues (1945)
> Charles Brown, Black Night (1950)

Guitaristes électriques
> T-Bone Walker (1910-1975), No Worry Blues (1946)
> BB King (1925), 3 O’Clock Blues (1951), son premier succès

Grandes formations orchestrales
> Louis Jordan (1908-1975), Choo Choo Ch’Boogie (1946)
> Louis Jordan, Caldonia (1945)
> Louis Jordan, Let The Good Times Roll (1956)
> Louis Jordan, Saturday Night Fish (1953)

Adeptes du Boogie-Woogie
> Amos Milburn (1926-1980), One Scotch, One Bourbon, One Beer (1953)
> Amos Milburn, Good, Good Whiskey (1953)
> Amos Milburn, Bad, Bad Whiskey (1950)
> Amos Milburn, Thinking And Drinking (1952)
> Amos Milburn, Let Me Go Home, Whisky (1953)

Blues Shouters
(« Hurleurs de blues »)
> Wynomie Harris (1915-1969), Lovin’ Machine (1951)
> Big Joe Turner (1911-1985), Sweet Sixteen (1952)

Vedettes populaires
> Ruth Brown (1928), So Long (1949)
> Ruth Brown, I Know (1950)
> Ruth Brown, 5-10-15 Hours (1952)
> Ruth Brown, Mama, He Treats Your Daughter Mean (1953)
> Antoine « Fats » Domino (1928), The Fat Man (1949)
> Antoine « Fats » Domino, Goin’ To The River (1952)
> Antoine « Fats » Domino, Hey Là-Bas Boogie (1950)
> Antoine « Fats » Domino, Mardi gras in New-Orleans (1952)

Doo-wop
> The Drifters (1953-1966), Money Honey (1953)
> The Clovers (1946), One Mint Julep (1951)

Rythm And Gospel
> Ray Charles (1930-2004), Mess Around (1953)
> Ray Charles, It Should Have Been Me (1953)
> Ray Charles, Feelin’ Sad (1953)

Histoire des Cover-versions
> Arthur « Big Boy » Crudup, That’s All Right Mama (version de 1946)
> Champion Jack Dupree, That’s All Right (1941)

Vers la fin d’une ségrégation
« discographique »
> Pat Boone, Ain’t That A Shame


V. La naissance
du « Rock And Roll »

Alan Freed (1921-1965), DJ, et son Moondog Rock and Roll Party (programme radiophonique consacré au Rythm And Blues)
Apparition du terme « Rock And Roll »
> Bill Halley (1925-1980), Rock Around the Clock

Sam Phillips (1923), inventeur du Rockabilly
> Elvis presley 1935-1977), Blue Moon of Kentucky
> Elvis presley, That’s All Right Mama
Le Sun Sound de Sam Phillips
> Elvis Presley (1935-1977), Jailhouse rock
> Carl Perkins (1932-1998), Blue Suede Shoes
> Jerry Lee Lewis (1935), Great Balls of Fire

Rock And Roll noir : un exemple
Chuck Berry (1926)
1955 Maybellene
No Money Down
1956 Roll Over Beethoven
Too Much Monkey Business
1957 Rock And Roll Music
1958 Sweet Little Sixteen
Johnny B. Goode
Beautiful Delilah
Carol
Memphis Tennessee
1959 Almost Grown
Back in USA
Let in Rock
1961 Come On
1964 No Particular Place To Go
You Never Can Tell
Promised Land

La déferlante Chuck Berry dans le monde
> The Beatles, Sweet Little Sixteen (Live à Hambourg, 1962)
> The Beatles, Roll Over Beethoven (Live à Hambourg, 1962)
> The Rolling Stones, Come On (1963)
> The Beach Boys, Surfin’USA (1961)


VI. La naissance
du Rock en Europe

Artistes américains en tournée en Europe
Naissance de la revue Blues Unlimited en Grande-Bretagne (1962)

Naissance du Rock And Roll en Angleterre et la formation des Beatles

Naissance du Rock And Roll en France et les yé-yé
> Fais-moi mal Johnny (1956), Boris Vian et Alain Gouraguer (Magali Noël)
> Blouse du dentiste (1958), Boris Vian et Henry Salvador (Henry Salvador)
Blousons noirs et Guerre d’Algérie
Les Yé-yé
> Johnny Halliday
Au Rythme et au blues (1964) [Roll Over Beethoven]


VII. 1962-1964

La Beatlemania

1er album : Please, please me – Extraits
> Love Me Do
> Please Please Me
> From Me To You
> She Loves You
> I Want To Hold Your Hand

2e album : With The Beatles
> All My Loving

Tournées aux Etats-Unis
Le Protest Song

Bob Dylan
> Talkin’ New York Blues
> Song To Woody
> Fixin’ To Die (reprise de Bukka White)
> Blowin’ in the Wind
> Oxford Town
> A Hard Rain’s A-Gonna Fall
> Masters of Wars
> Talking World War III Blues
Naissance du Ska,
ancêtre du Reggae

La Jamaïque et son peuple

Sound-systems, cullture DJ, Toast et Dub
> Alton Ellis, Girl I’ve Got A Date (1966)
> U-Roy, Wake The Town (1970)

Ska (1960-1966)
> Prince Buster, Oh Carolina (1960)
> Prince Buster, Al Capone (1960)
> The Skatalites, Guns Of Navarone (1964)
Conclusion

2 juillet 1964 : vote de la loi sur les droits civiques (Civil Rights Act)

DEFINITIONS DU ROCK : Philippe Manoeuvre : 101 disques qui ont changé le monde

Philippe MANŒUVRE
ROCK'N'ROLL
La discothèque Rock idéale
101 disques qui ont changé le monde
Paris, Rock & Folk / Albin Michel, 2005


Elvis Presley The Sun Session
The Yardbirds Having A Rave Up 1965
The Beach Boys Pet Sounds 1966
Bob Dylan Blonde on Blonde 1966
The Doors The Doors 1967
The Velvet Underground The Velvet Underground & Nico 1967
The Beatles Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band 1967
Pink Floyd The Piper At The Gets Of Dawn 1967
Love Forever Changes 1967
Jefferson Airplane After Bathing At Baxter's 1967
The Band Music From Big Pink 1968
Big Brother & The Holding Company Cheap Thrills 1968
Jimi Hendrix Electric Ladyland 1968
The Beatles White Album 1968
The Jeff Beck Group Beck-Ola 1969
Johnny Cash Live at San Quentin 1969
Blind Faith Blind Faith 1969
King Crimson In the Court of the Crimson King 1969
Led Zeppelin Led Zeppelin II 1969
Frank Zappa Hot Rats 1969
Captain Beefheart Trout Mask Replica 1969
MC5 Back in the USA 1970
Deep Purple In Rock 1970
The Pretty Things Parachute 1970
Amon Düül II Yeti 1970
Crosby, Stills, Nash & Young Déjà vu 1970
The Stooges Fun House 1970
James Brown Sex Machine 1970
George Harrison All Things Must Pass 1970
Derek And The Dominos Derek And The Dominos 1970
Serge Gainsbourg Histoire de Mélodie Nelson 1971
Can Tago Mago 1971
The Doors L.A. Woman 1971
The Rolling Stones Sticky Fingers 1971
The Flamin' Groovies Teenage Head 1971
Marvin Gaye What's Going On 1971
Allman Brothers Band Live At Fillmore East 1970
The Who Who's Next 1971
John Lennon Imagine 1971
Led Zeppelin Led Zeppelin IV 1971
Alice Cooper Killer 1971
Sly And The Family Stone There's A Riot Goin' On 1971
The Rolling Stones Exile On Main Street 1972
Roxy Music Roxy Music 1972
Hawkwind Doremi Fasol Latido 1972
Santana Caravanserai 1972
Pink Floyd The Dark Side Of The Moon 1973
Todd Rundgren A Wizard, A True Star 1973
Iggy & The Stooges Raw Power 1973
Lou Reed Berlin 1973
New York Dolls New York Dolls 1973
David Bowie Pin Ups 1973
Black Sabbath Sabbath Bloody Sabbath 1973
Copperhead Copperhead 1973
Lou Reed Rock 'N' Roll Animal 1974
Robert Wyatt Rock Bottom 1974
Big Star Radio City 1973
Lynyrd Skynyrd Pronunced 'leh-'nérd 'skin-'nérd 1973
Neil Young Tonight's the Night 1975
Bruce Springsteen Born To Run 1975
Patti Smith Horses 1975
Aerosmith Rocks 1976
Television Marquee Moon 1977
The Clash The Clash 1977
Bob Marley & The Wailers Exodus 1977
The Jam In The City 1977
Steely Dan Aja 1977
The Heartbreakers DTK LAMF 1977
Sex Pistols Never Mind The Bollocks 1977
Wire Pink Flag 1977
Suicide Suicide 1977
Elvis Costello & The Attractions This Year's Model 1978
Kaftwerk The man Machine 1978
Funkadelic One Nation Under A Groove 1978
Public Image Limited Public Image 1978
Motorhead Overkill 1979
Michael Jackson Off The Wall 1979
Gang Of Four Entertainment! 1979
The Ramones End of the Century 1980
The Cramps Songs The Lord Taught Us 1980
Diana Ross Diana 1980
Joy Division Closer 1980
AC/DC Back in Black 1980
The Specials More Specials 1980
The Cure Pornography 1982
Prince Sign 'O' The Times 1987
Gun's & Roses Appetite For Destruction 1987
Pixies Doolittle 1989
Sonic Youth Goo 1990
Nirvana Nevermind 1991
Rage Against The Machine Rage Against The Machine 1992
The Black Crowes The Southern Harmony […] 1992
Jeff Buckley Grace 1994
Red Hot Chili Peppers One Hot Minute 1995
Oasis Whats The Story (Morning Glory) 1995
Alice In Chains Alice In Chains 1995
Radiohead OK Computer 1997
Air Moon Safari 1998
The Strokes Is This It 2001
Queens Of Stone Age Songs For The Deaf 2002
The White Stripes Elephant 2003
The Libertines Up the Bracket 2002

Philippe Manoeuvre : 101 disques qui ont changé le monde

Philippe MANŒUVRE
ROCK'N'ROLL
La discothèque Rock idéale
101 disques qui ont changé le monde
Paris, Rock & Folk / Albin Michel, 2005


Elvis Presley The Sun Session
The Yardbirds Having A Rave Up 1965
The Beach Boys Pet Sounds 1966
Bob Dylan Blonde on Blonde 1966
The Doors The Doors 1967
The Velvet Underground The Velvet Underground & Nico 1967
The Beatles Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band 1967
Pink Floyd The Piper At The Gets Of Dawn 1967
Love Forever Changes 1967
Jefferson Airplane After Bathing At Baxter's 1967
The Band Music From Big Pink 1968
Big Brother & The Holding Company Cheap Thrills 1968
Jimi Hendrix Electric Ladyland 1968
The Beatles White Album 1968
The Jeff Beck Group Beck-Ola 1969
Johnny Cash Live at San Quentin 1969
Blind Faith Blind Faith 1969
King Crimson In the Court of the Crimson King 1969
Led Zeppelin Led Zeppelin II 1969
Frank Zappa Hot Rats 1969
Captain Beefheart Trout Mask Replica 1969
MC5 Back in the USA 1970
Deep Purple In Rock 1970
The Pretty Things Parachute 1970
Amon Düül II Yeti 1970
Crosby, Stills, Nash & Young Déjà vu 1970
The Stooges Fun House 1970
James Brown Sex Machine 1970
George Harrison All Things Must Pass 1970
Derek And The Dominos Derek And The Dominos 1970
Serge Gainsbourg Histoire de Mélodie Nelson 1971
Can Tago Mago 1971
The Doors L.A. Woman 1971
The Rolling Stones Sticky Fingers 1971
The Flamin' Groovies Teenage Head 1971
Marvin Gaye What's Going On 1971
Allman Brothers Band Live At Fillmore East 1970
The Who Who's Next 1971
John Lennon Imagine 1971
Led Zeppelin Led Zeppelin IV 1971
Alice Cooper Killer 1971
Sly And The Family Stone There's A Riot Goin' On 1971
The Rolling Stones Exile On Main Street 1972
Roxy Music Roxy Music 1972
Hawkwind Doremi Fasol Latido 1972
Santana Caravanserai 1972
Pink Floyd The Dark Side Of The Moon 1973
Todd Rundgren A Wizard, A True Star 1973
Iggy & The Stooges Raw Power 1973
Lou Reed Berlin 1973
New York Dolls New York Dolls 1973
David Bowie Pin Ups 1973
Black Sabbath Sabbath Bloody Sabbath 1973
Copperhead Copperhead 1973
Lou Reed Rock 'N' Roll Animal 1974
Robert Wyatt Rock Bottom 1974
Big Star Radio City 1973
Lynyrd Skynyrd Pronunced 'leh-'nérd 'skin-'nérd 1973
Neil Young Tonight's the Night 1975
Bruce Springsteen Born To Run 1975
Patti Smith Horses 1975
Aerosmith Rocks 1976
Television Marquee Moon 1977
The Clash The Clash 1977
Bob Marley & The Wailers Exodus 1977
The Jam In The City 1977
Steely Dan Aja 1977
The Heartbreakers DTK LAMF 1977
Sex Pistols Never Mind The Bollocks 1977
Wire Pink Flag 1977
Suicide Suicide 1977
Elvis Costello & The Attractions This Year's Model 1978
Kaftwerk The man Machine 1978
Funkadelic One Nation Under A Groove 1978
Public Image Limited Public Image 1978
Motorhead Overkill 1979
Michael Jackson Off The Wall 1979
Gang Of Four Entertainment! 1979
The Ramones End of the Century 1980
The Cramps Songs The Lord Taught Us 1980
Diana Ross Diana 1980
Joy Division Closer 1980
AC/DC Back in Black 1980
The Specials More Specials 1980
The Cure Pornography 1982
Prince Sign 'O' The Times 1987
Gun's & Roses Appetite For Destruction 1987
Pixies Doolittle 1989
Sonic Youth Goo 1990
Nirvana Nevermind 1991
Rage Against The Machine Rage Against The Machine 1992
The Black Crowes The Southern Harmony […] 1992
Jeff Buckley Grace 1994
Red Hot Chili Peppers One Hot Minute 1995
Oasis Whats The Story (Morning Glory) 1995
Alice In Chains Alice In Chains 1995
Radiohead OK Computer 1997
Air Moon Safari 1998
The Strokes Is This It 2001
Queens Of Stone Age Songs For The Deaf 2002
The White Stripes Elephant 2003
The Libertines Up the Bracket 2002

Des définitions du Rock

Le Rock par David Herschel
Annonce de David Herschel publiée en ligne sur le site de France Culture, pour le lancement en janvier 2007 de l’émission Une histoire de… qui devient le temps de vingt épisodes Une Histoire du Rock ou Introduction raisonnée à une musique de sauvages.

« La musique rock habite notre quotidien depuis plus de cinquante ans. […] Elle étend notamment son influence à la mode, au cinéma, aux arts plastiques. Mais c’est d’abord notre mode de vie et de pensée que cette musique a voulu contribuer à modifier. Instrument d’un conflit de générations dans les années 50, le rock’n’roll originel a fait place à une ambitieuse contre-culture dans les années 60. Depuis lors, le rock est tour à tour devenu le vecteur du pacifisme, de la libération sexuelle, de l’accès aux drogues, de l’engagement politique ou humanitaire. Les grands festivals sont l’occasion d’une communion universaliste, parfois d’une identification clanique, mais toujours d’un intense transfert d’affects en direction de stars parées de vertus quasi-surnaturelles. Comme expression musicale, le rock est cependant, avant toute chose, un répertoire d’œuvres passionnantes. Des premières légendes […] à la geste héroïque d’un groupe tel que Muse aujourd’hui, cinquante ans de création nous interrogent, nous provoquent et savent souvent nous charmer. Les Beatles, les Rolling Stones, Jimi Hendrix, Led Zeppelin, David Bowie, les Sex Pistols, Prince, Nirvana, tous ces artistes et bien d’autres ont contribué à renouveler le langage musical du rock, à donner à cette même entité des incarnations contrastées, voire contradictoires. »


Rock et Rock’N’Roll
Une définition de David Herschel
transcrite à partir de sa première émission radiophonique Une Histoire du Rock sur France Culture en janvier 2007.

« Le terme rock est extrêmement large. Il comprend les différents courants musicaux qui sont nés ou dérivés du Rock’N’Roll des origines ; le Rock’N’Roll proprement dit, voilà un mouvement qui est assez facile à circonscrire dans le temps, l’espace et le style. C’est une musique qui descend du blues des Noirs américains et de la Country blanche. Elle émerge un peu avant le milieu des années 50 et disparaît de la scène américaine vers la fin de cette même décennie pour réapparaître régulièrement sous de nouvelles incarnations. À ce premier état du Rock’N’Roll va succéder ce que certains appellent la Rock Music, ou tout simplement, le Rock, au sens large du terme, qui reprend, développe, modifie et enrichit ce Rock’N’Roll originel par un nouveau souci de l’harmonie, un nouveau raffinement mélodique et instrumental, ou bien au contraire par un surcroît d’énergie et de puissance sonore. Cette musique Rock élargie comprend de très nombreux courants, du psychédélisme au métal, en passant par la musique progressive, le Glam, etc. »


Le Rock dans le Dictionnaire du Rock de Michka Assayas
« Rock. Voir Rock’n’roll »
« Rock’n’Roll : Style musical apparu aux États-Unis au début des années 50 » puis « Peu à peu, le mot “ Rock ” devint le terme générique de la musique populaire américaine et britannique, puis occidentale »).

Le Rock et le constat d’une diversité des styles
Par Michka Assayas,
Dictionnaire du Rock, Paris, Robert Laffont (Bouquins), 2000, tome II, p. 1603.

« Les tendances sont éclatées : rock engagé, chaotique, des MC5, funk de James Brown ou Sly Stone, rock teinté de musique latine avec Santana, musique classique et free-jazz en Allemagne, musique progressive et space rock (planant) de Pink Floyd, courant des auteurs-compositeurs-interprètes de folk-rock qui s’interrogent douloureusement sur la perte de leurs illusions, comme Crosby, Stills, Nash (& Young) et James Taylor, blues-rock et bientôt hard rock et heavy metal (Led Zeppelin, Back Sabbath), expression réaliste de tendances décadentes et extrêmes dans les grands centres urbains (Iggy Pop & The Stooges, Lou Reed), country-rock californien des Eagles, jazz-rock (Miles Davis), Pop – dans le sens de variété (Diana Ross, Elton John) –, rock théâtral (Genesis, Alice Cooper, Kiss), glam rock (David Bowie, Roxy Music) […] Ce mouvement d’éparpillement suscitera pourtant une réaction violente au milieu des années 70. Sous l’influence des groupes amateurs comme Suicide et les New York Dolls à New York ou Dr Feelgood en Grande-Bretagne, une minorité agissante s’emploiera à rembobiner le rock à toute vitesse vers son passé. Alors que la vague disco va bientôt envahir le monde et que le reggae des “ rockers ” de Sly & Robbie arrive de Jamaïque, dans un dernier soubresaut, la vague punk de 1976-1979, violente, provocante, extrême, cherche à retrouver les racines et à renouer avec la fureur du rock’n’roll des origines, la naïveté en moins et le cynisme en plus. Avec les Sex Pistols en tête, elle provoque une secousse intense et de courte durée, mettant à bas bien des groupes “ dinosaures ”, de Pink Floyd à Genesis, qui régnaient alors sans partage. Née de ce séisme, ce qu’on a appelé dans le monde anglo-saxon la New Wave entraîne un retour, mais comme en négatif, à certaines valeurs des années 60 : des chansons courtes, efficaces, cinglantes, parfois grinçantes, défendues par des artistes aussi divers que Blondie, Elvis Costello, Devo ou XTC. […] Cette période marque aussi l’apparition de la musique dite industrielle, avec Throbbing Gristle. Le groupe le plus populaire de cette tendance sera The Cure. Le plus important reste sans conteste Joy Division, qui acquerra une valeur de mythe après le suicide de son chanteur, Ian Curtis, en 1980. De façon générale, s’ouvre alors pour le Rock une période de deuil et de nostalgie. »

Introduction de la deuxième session ( 1er février 2010)

Unité de découverte Rock, culture et politique.
Eléments d’introduction de la deuxième session.

Présentation du programme des séances, des modalités du contrôle continu et terminal, avec une analyse des questionnements de la première session.

1) Entre mémoire et histoire, le rock des années soixante dix : patrimoine, nostalgie, transmission entre les générations, premières études historiques
2) La question des bornes chronologiques selon les aires culturelles et des perceptions décalées selon les pays.
3) L’identité d’une décennie : des sons, des styles, des modes, des événements politiques, des mouvements de contestation. Cela forme-t-il un ensemble cohérent ?
4) Rock, rébellion et révolution. Une décennie marquée par de nombreux mouvements de luttes, par la remise en cause de l’ordre établi, par des mouvements anti-guerre, féministes, lycéens et étudiants, antiracistes que le rock a accompagné.
5) Le rock et la jeunesse puisque c’est elle qui l’apprécie, l’écoute, qui se précipite dans les festivals et est la principale consommatrice de vinyls.
6) Le rock et le sexe. Des hanches d’Elvis Presley aux banquettes arrières évoquées par Jerry Rubin, le rock a été la musique de fond des émois adolescents. Les messages des groupes sont plus souvent adressés aux filles à draguer qu’aux militants à entrainer. La libération sexuelle, le mouvement des femmes et des homosexuels trouvent un écho particulier chez certains musiciens et dans certains styles ( Glam rock, Lou Reed Bowie etc…).
7) Le rock et la contre-culture : les communautés, la route, les festivals, les pétards, l’héroïne, les styles vestimentaires, le mensuel Actuel, le quinzomadaire Tout, (en France) presse et bande dessinée parallèles forment-ils dans certains pays un underground cohérent?
8) Rock n’ roll, pop musique, rock, courants divers du rock : différentes perceptions et appréhensions de ces termes selon les années et les pays.
9) Rock et diffusion, rock et économie : les questions d’argent, les producteurs et managers, les tournées, les radios pirates et les émissions ghettoïsées.
10) Existe-il une « rock n’ roll attitude » dans cette décennie, ou plusieurs ?


Adresse du Blog : http://rcp-rouen.blogspot.com/
On l’affiche aisément en tapant sur google Rock culture et politique
Comme tout livret attaché à une Unité de valeur, il offre des documents ( sons, images et textes) regroupés en fonction des 10 thèmes de cours proposés, des chronologies politiques et musicales, des éléments bibliographiques, des sources inédites ( photos, tracts, journaux des années 70).

lundi 1 février 2010

rock culture et politique

Illustration, Actuel, 1971

L'AGIT-POP, mars 1971, Actuel

Une analyse de Paul Alessandrini sur la musique "pop" en 1971



1971, MAAJUN, Groupe pop français

Artcile d'Actuel, N°6, mars 1971, ... la vie en communauté à quinze dans un pavillon de banlieue, un premier disque "Vivre la mort du vieux monde" ... l'engagement....


dimanche 31 janvier 2010

Country Joe McDonald , 1969-1971

article d'Actuel, n°6, mars 1971.
chapeau de l'article : " Country Joe McDonald est un chanteur "engagé" et un musicien pop, ce qui n'est pas contradictoire. Ses protest song - et singulièrement le fameux "Fixin'to Die rag", du film Woodstock - lui ont valu d'être l'un des bardes de la nouvelle gauche. pour une part son histoire se confond avec celle du mouvement hippie, des révoltes de Berkéley et des manifestations contre la guerre du Vietnam."




Illustration, Actuel mars 1971

La problématique pop-politique en 1971





Actuel n°6, mars 1971. " Le public pop a souvent une sensibilité gauchiste confuse qui établit dans son esprit un vague rapport pop-révolution-gratuité", extrait de l'éditorial de l'équipe d'Actuel, qui avait été échaudée par l'échec d'un festival à Biot en 1970 !

Les débats sur la relation entre Pop musique et révolution en mars 1971



Ce numéro 6 du mensuel Actuel, publié en mars 1971, mensuel qui comptait dans son comité de rédaction Jean-François Bizot, Bernard Kouchner, ministre depuis, Patrick Rambaud, Goncourt depuis, Jean-Pierre Lentin..., propose des analyses de Paul Alessandrini aux yeux de qui le free jazz était la musique de la révolution noire et la pop musique celle de la révolution blanche. Plusieurs articles et interviews insitent sur les liens entre le rock et la politique ( interview de Country Joe Mac Donald, qui était sur scène à Woodstock, du groupe français Mahajun...)

vendredi 29 janvier 2010

dimanche 24 janvier 2010

De "La religieuse" aux "Novices" (1970) : l'ébranlement de quelques piliers de la société française

(Photo supprimée afin de préserver les droits du photographe)

Dans la filmographie française, et dans celle de Brigitte Bardot, ce film ne se signale pas pour avoir été un chef d'oeuvre. mais la série de photos réalisées à l'occasion de la sortie de ce film fut censurée par Paris match, mais diffusée dans le monde par Play Boy. Le chemin vers la libération sexuelle ne faisait que commencer....

1977, la peine de mort ébranlée : le procès de Patrick Henry à Troyes

(Photo supprimée afin de préserver les droits du photographe)


La contestation de la peine de mort en France comme en Espagne, aux Etats-Unis et dans le monde mobilise de plus en plus au cours des années soixante-dix. La victoire remportée par Robert Badinter, défenseur de cet assassin d'enfant, en 1973 à Troyes ( Patrick henry sera condamné à la réclusion à perpétuité) est un jalon essentiel d'un combat qui aboutira à son abolition en France en 1981, à l'initiative de ce grand avocat pénaliste devenu Garde des Sceaux

1968, La piscine : la princesse SISSI a changé !

(Photo supprimée afin de préserver les droits du photographe)


Beaucoup d'ados de cette année là se précipitent dans les salles pour admirer Romy Schneider et Jane Birkin, dans ce film qui a beaucoup vieilli. Rappelons que la première revendication des lycéens en 1968, c'était des cours d'éducation sexuelle. Autant avoir de telles enseignantes ! La remise en cause d'un certain ordre moral, la libération sexuelle parcourent les années 70

1968, Daniel Cohn-Bendit

(Photo supprimée afin de préserver les droits du photographe)

Jacques Dutronc chantait en cette année 68 "Il est cinq heures, Paris s'éveille"... et Paris s'éveilla. Les situationnistes détournèrent les paroles de Jacques Lanzmann, le parolier du chanteur "beat" ( "la petite fille du père Noël", "On nous cache tout, on nous dit rien"... .c'est un courant post yé-yé qu'il faut rapprocher des "élucubrations" d'Antoine et de quelques rares groupes qui annoncent rééllement les années 70)." Dany le Rouge", leader nanterrois du Mouvement du 22 mars fut l'une des figures emblématiques de la contestation de la jeunesse. Durant les années soixante-dix, à Francfort, il participa au mouvement alternatif ( appartements communautaires, crèches et espaces d'éducation autogérés...)

1967, le premier ministre Georges Pompidou

(Photo supprimée afin de préserver les droits du photographe)

Cette photographie du premier ministre du général De Gaulle a été prise en 1967 dans sa propriété d'Orvilliers. Georges Pompidou deviendra président de la République en 1969, et ceci jusqu'à son décès en 1974. Le divorce entre la jeunesse de France et les politiques de modernisation qu'il met en place est patent. Son septennat inachevé est marqué par de puissants mouvements de contestation de la jeunesse étudiante et lycéenne, dans le droit fil des événements de mai 68. La contre-culture rock participe de cette remise en cause de l'ordre établi. Et tous ceux qui prennent alors la route au volant de 4L Renault en font un autre usage que le président de l'époque.

Jane Fonda contre l'intervention américaine au Cambodge en 1970

(Photo supprimée afin de préserver les droits du photographe)

Jane Fonda prend la parole devant 85 000 manifestants à Washington. Ils protestent contre la décision du président Nixon d'envoyer des troupes au Cambodge

Vietnam 1967

(Photo supprimée afin de préserver les droits du photographe)

Cette photo a été prise au Vietnam en 1967. Les jeunesses du monde entier ont contesté, dès le milieu des années soixante, l'engagement américain au Vietnam, puis également au Cambodge. Le mouvement anti-guerre inspire de nombreux groupes américains ( Jefferson Airplane, Country Joe Mac Donald etc....) et organise de multiples manifestations et actions de désobéissance. Au festival de Woodstock en 1969, plusieurs artistes expriment leur opposition à cet engagement militaire.

dimanche 3 janvier 2010

Bob Marley


Peter Tosh, Mama Africa

Alice Cooper - School's Out

Albert Marcoeur 1979, Histoire d'offrir

albert Marcoeur 1974, Le nécessaire à chaussures

69 année érotique : une bonne émission de synthèse sur les années 70

69, ANNEE EROTIQUE - (-10 ANS)

La série
Auteur : JACQUINET VÉRONIQUE,CAMBORDE JEAN-PHILIPPE
Durée : 00:52:00
Réalisateur : JACQUINET VÉRONIQUE
Avec la participation de : CNC (CENTRE NATIONAL CINEMA)
Production : HENRIQUET ANTOINE,AH! PRODUCTION,FRANCE TÉLÉVISIONS
Production déléguée :
Production exécutive :
Avec le soutien de :
Diffusions
Mar. 29 décembre 2009 à 21:30, Ven. 01 janvier 2010 à 15:00
Mer. 06 janvier 2010 à 00:15
Synopsis
Là ou Gainsbourg voyait une vague irrésolue d'érotisme en 1969, qu'en est-il de la réalité des faits ? Par quels biais et quels protagonistes cette invasion érotique a-t-elle déferlé sur la littérature, le cinéma, la publicité, le théâtre, la chanson ? Quelles ont été les conséquences sociales et morales de ce déferlement ? Ce documentaire analyse, avec humour et sérieux, des événements primordiaux qui vont chambouler la société de la fin des années 60 et la précipiter dans la révolution sexuelle des années 70. La parole s'est enfin libérée, la pilule est en vente dans les pharmacies, la majorité sexuelle à 21 ans est remise en cause, des sex-shops s'ouvrent, les femmes peuvent désormais maîtriser, à l'égal des hommes, leur plaisir et leur désir. A travers des archives inédites à des acteurs de cette époque, Simone Weil, Jacques Séguéla, André Bercoff, Zouzou, Anna Karina et Dani, en compagnie de jeunes gens d'aujourd'hui, ré-auscultent la société d'alors à la lumière des progrès actuels, pour comprendre le sens de cette aventure érotique commencée en 1969. Ce programme est déconseilé aux moins de 10 ans. (Programme sous-titré par télétexte pour les sourds et les malentendants) Image ci-dessus : ©Ah ! Productions

Article de France 5 [modifier]

Qu'en est-il de la « vague irrésolue » d'érotisme de 1969 selon Gainsbourg ? Ce documentaire analyse, avec humour et sérieux, les événements qui vont précipiter la société dans la révolution sexuelle des années 70, en projetant des archives inédites à six acteurs de cette époque ainsi qu'à des jeunes d'aujourd'hui.

Ils avaient une vingtaine d'années en 1969, un peu plus pour certains. Ils ont été les acteurs et les égéries de cette époque charnière. Aujourd'hui, face à trois jeunes invités, sur un plateau aux couleurs sixties, Dani, Zouzou, Anna Karina, Simone Veil, Jacques Séguéla et André Bercoff évoquent, images d'archives à l'appui, leurs souvenirs de cette « année — sans conteste — érotique » !


Ceux, d'abord, d'une société encore très pudibonde, qui n'a pas rompu avec ses traditions machistes : la femme demeure sous le joug de l'homme et doit souvent se contenter d'un rôle de ménagère. « Je n'avais pas le droit d'avoir un carnet de chèques, par exemple », se souvient Anna Karina, ex-femme de Jean-Luc Godard. Pas le droit non plus « d'accepter un emploi sans la signature de son mari », rappelle Séguéla. La réaction du lycéen Paul ne se fait pas attendre : « La bonne idée, à l'époque, c'était de bien choisir son mec ! » Et Charlotte, étudiante, de renchérir : « Et puis toujours maintenant, d'ailleurs ! » Mais la rébellion est en marche. « J'ai débarqué en France en 67, raconte le journaliste Bercoff, et je trouve que la France m'a fait un sublime cadeau, qui était 68. » De la grève des étudiants de Nanterre demeure notamment un célèbre slogan : « Ejacule tes désirs ! » Peu à peu, les tabous vont tomber. « 69, pour moi, c'est une libération extraordinaire, une solidarité incroyable entre les gens… » raconte Zouzou, égérie de cette époque.

La foire aux fantasmes

De l'évolution de l'image de la femme à la télévision — cette « foire aux fantasmes », selon Bercoff — à la dépénalisation de la pornographie, en passant par l'apparition de la pilule, l'usage de la capote ou du masseur vibrateur, les cours d'éducation sexuelle ou encore l'incroyable créativité artistique et l'explosion de la liberté dans les relations sexuelles, Véronique Jacquinet propose un voyage aux accents légers en année érotique. Sans oublier pour autant d'évoquer des questions très sérieuses, comme les différences d'accès à la pilule : « Pour moi, c'est une des injustices qui m'a le plus choquée, rappelle Simone Veil. Il y avait chaque année environ 350 femmes qui mouraient d'avortements clandestins faits dans de mauvaises conditions… alors que les autres pouvaient en définitive se débrouiller. » Ou encore l'homosexualité : « On n'en parlait pas du tout », se souvient Dani. « On a eu plein d'amis qui se sont suicidés parce qu'ils n'osaient pas le dire ni le montrer. » Mais 69, c'est aussi le début de la publicité à la télévision et de la liberté de ton dans les journaux, comme Hara-Kiri qui publie cette année-là la célèbre publicité pour Si vous trouvez moins cher que chez Darty, M. Darty vous offre le champagne et Mme Darty vous fait une pipe. C'est ça la confiance, chez Darty ! »


Alors les jeunes, qu'est-ce qu'on en pense ? Pour Paul, il y avait « quelque chose qu'on n'a plus aujourd'hui, c'est-à-dire vraiment une volonté de désobéir ». Charlotte constate également que c'était « une génération rebelle et plus engagée politiquement que ce qu'on peut être maintenant ». Pour Paul, la confusion des identités sexuelles est toujours d'actualité : « Chez nous, mâles, ça crée une certaine part de timidité, et ça nous met des barrières en plus. » Simone Veil tient cependant à rappeler le courage des femmes qui ont permis de mettre fin à beaucoup d'injustices dont était victime leur sexe : « En même temps, moi, je pense qu'en France on a encore vis-à-vis des femmes d'énormes progrès à faire. »
Source : magazine des programmes de France 5

Années soixante dix et libération sexuelle

Rediffusion d'une émission sur les années 1970 et le positionnement de certains hommes au moment de la dite "libération sexuelle".
L'émission commence avec une chanson de Marc Bolan et nous entraîne jusqu'aux années 1980 ("cherchez le garçon", "boys don't cry") : ils ont les mêmes problèmes de bornes chronologiques que nous !


émission du mardi 9 juin 2009
Histoire de la masculinité 2/4


La fabrique des mâles, un documentaire d’Anaïs Kien, réalisé par Véronik Lamendour.
Bousculés par l’avènement du féminisme au début des années 1970, les hommes sont dans un premier temps mis au ban de la réflexion sur les structures sociales des identités sexuelles. La porte du MLF leur est fermée, leur domination dénoncée, en tant qu’oppresseurs ils n’ont pour maigre pitance que leur culpabilité.
Pourtant certains décident de relever le défi : lors des gardes d’enfants collectives à l’occasion des meetings du MLF non mixtes, en recourant aux petites annonces, des groupes de parole se constituent. Dans les réunions de Pas Rôle d’Homme ou de la revue Type, les hommes apprennent à parler de cette culpabilité mais aussi de leur intimité, de leurs peurs, de leurs souffrances, de leurs désirs. Ce que leur ont transmis leurs pères est soumis à question, l’héritage machiste du patriarcat conspué. Les relations avec les femmes, les hommes entre eux, le couple, la séduction, l’amour, la tendresse, la sexualité, la paternité, la jouissance, la jalousie sont autant de thèmes autour desquels les langues se délient.
Après la libération de la parole, il est temps d’agir. La prise en charge de la contraception et le choix conscient de la procréation, la maîtrise de sa propre fertilité catalysent ces remises en question. L’association ARDECOM (Association pour la Recherche et le Développement de la Contraception Masculine) voit le jour et se tourne vers la science pour trouver les réponses. Toutes les méthodes de contraception sont passées au crible : vasectomie, slip chauffant, pilule, préservatif… Les groupes d’ARDECOM expérimentent la contraception au masculin durant quelques années avant la démobilisation progressive de cette poignée d’hommes, avant l’épidémie de Sida.
Avec Pierre Colin, Philippe Lapotre, Daniel Welzer-Lang (anciens membres de l’ARDECOM), le Pr Jean-Claude Soufir (concepteur de la première pilule masculine), Monique Dental et Anne Zelensky (animatrices de courants féministes), Claude Barillon (fondateur de la revue Types) et Patricia Bernardi.

mardi 29 décembre 2009